Tours

Crise à Tours Métropole : une nouvelle gouvernance attendue

Suite à la démission de Wilfried Schwartz.

La démission de Wilfried Schwartz de son poste de président de Tours Métropole, sur fond d’accusations de violences morales et physiques sur son directeur de cabinet, entraîne une crise sans précédent au sein de l’institution publique. Pour les élus intercommunaux, il s’agit désormais de sortir de cette situation de la façon la moins douloureuse possible afin de relancer les projets en cours... mais aussi de rassurer les services, heurtés par les récents événements.

Si beaucoup refusent encore de s’exprimer, certains ont accepté de le faire. Réactions :

Emmanuel Denis, maire de Tours : « On va aller vers une gouvernance plus collégiale, les enjeux sont importants et on doit aller vite. La première priorité est d’apaiser le personnel qui a souffert de cette histoire » estime le maire de Tours qui se dit prêt à prendre ses responsabilités pour sortir au plus vite de cette crise, tout en ne faisant pas d’une éventuelle candidature à la présidence de l’intercommunalité de sa part, une priorité. »

Laurent Raymond, maire de Saint-Avertin : « Ce qui me choque au global c’est le non-respect des engagements. Quand on se fait élire, c’est pour la durée d’un mandat. Je n’imagine pas qu’on puisse le révoquer en dehors de problèmes de santé ou familiaux importants. C’est ça qui désunit les Français et crée de l’abstention. Un mandat c’est un engagement moral fort, bien plus qu’un contrat de travail. C’est honteux de le bafouer.

Je me garde de commenter l’histoire qui va se juger, en revanche il m’importe qu’on assure la sécurité et l’intégrité physique de nos agents. De ce que certains nous disaient, il y avait vraisemblablement des difficultés au service communication, tourisme ou chez les directeurs. Le prochain président devra faire l’union comme Philippe Briand en son temps, avec la capacité de contrôler le bien-fondé des délégations des vice-présidents au profit des administrés et avec le bien-être des agents en tête. »

Emmanuel François, maire de Saint-Pierre-des-Corps : Pour la nouvelle gouvernance, tout devrait être bouclé d’ici le 8 juillet et le prochain conseil métropolitain. Un calendrier rapide, voire expéditif selon le maire de Saint-Pierre-des-Corps : « Ça va peut-être trop vite » déplore celui qui avait présenté une contre-candidature face à Wilfried Schwartz en juillet 2020. Pourrait-il recommencer.  « Je ne veux pas être candidat à la présidence. Ce que je souhaite c’est un choix entre plusieurs candidats, que le futur président puisse faire campagne, nous dire comment on voit les choses, vers où il veut nous emmener. » L’élu corpopétrussien qui espère un exécutif « équilibré » pensant avant tout à « l’équilibre des compétences » plutôt qu’à celui des partis ou des personnes : « Ce serait un élan nouveau, mais peut-être utopiste. »

Michel Soulas, élu à Saint-Pierre-des-Corps :« A trop vouloir ne plus faire de politique on arrive à ce genre de situation. A trop vouloir aseptiser cette métropole on voit bien que les questions politiques mises sous le tapis finissent par ressurgir » estime le communiste. « Je l’avais senti dès le conseil métropolitain sur l’aéroport (quand le maire de Tours a démissionné de la présidence, ndlr), dès lors la situation n’était plus tenable » ajoute-t-il.

Christophe Bouchet, élu à Tours :« J’espère que cela va créer un électrochoc et qu’on se réunisse tous autour d’une table pour faire avancer la métropole en nous demandant comment et dans quelle on avance. Faut-il maintenir la gouvernance partagée qui n’existe plus aujourd’hui ? »

Benoist Pierre, Barbara Darnet-Malaquin et Céline Delagarde, élus du groupe Les Progressistes à Tours : « C'est une épreuve de plus à affronter pour notre jeune Métropole. Nous devonsabsolument retrouver l’esprit de pondération et de cogestion au sein de Tours Métropole Val deLoire où de nombreuses sensibilités existent et doivent toutes être respectées. Le choix d’unnouveau Président ou d’une nouvelle Présidente devra se faire en retrouvant cette ligne d’ambition,d’équilibre et de gouvernance partagée, avec la ferme volonté de respecter les agents publics, leursmissions et leur travail. »