Tours

Crise à Tours Métropole : le président va démissionner

Il l’annonce dans un message aux élus.

C’est un sacré chamboulement qui se profile dans la vie politique de la plus grande agglomération d’Indre-et-Loire : ce mercredi, le président de Tours Métropole a envoyé un message à ses collègues élus-maires, dans lequel Wilfried Schwartz annonce son intention de démissionner de son poste… moins d’un an après avoir entamé ses fonctions.

Dans son texte, l’élu de 36 ans – classé à gauche mais non encarté – explique d’abord que son choix est lié à sa candidature au poste de conseiller départemental du canton de La Riche / Ballan-Miré (en duo avec Solenne Marchand :

« En menant cette campagne, je me suis rendu compte une nouvelle fois que mon rôle était bien celui d’être le défenseur de ce canton, de ce territoire. Ce rôle de proximité je souhaite l'exercer à fond. »

Autrement dit, il est conscient qu’il n’aurait pas assez de temps pour être maire de La Riche, élu au Département et président d’une communauté de communes de 300 000 habitants. Il poursuit en affirmant :

« Je n'ai jamais été favorable à ce que le Président de la métropole devienne le grand chef de nos 22 communes pour 6 ans. La modernité de l'action publique serait d'imaginer ensemble une présidence tournante chaque année et un bureau des maires davantage au cœur de la gouvernance. J'estime qu'il est temps pour moi d'arrêter et de tenter cette innovation avec vous, celle d'une présidence tournante. »

Une telle stratégie politique n’avait jamais été évoquée auparavant. Et c’est une autre réalité qui semble se dessiner. Depuis plusieurs jours, en coulisses, le maintien de Wilfried Schwartz au poste de président de Tours Métropole était clairement contesté par les autres maires de l’agglomération. En cause : son mode de gouvernance jugé autoritaire et très déstabilisant pour ses collaborateurs. Une altercation aurait notamment eu lieu avec une salariée au siège des Deux-Lions il y a une dizaine de jours. Depuis celle-ci est en arrêt. Ce mercredi c'est un très proche de l’élu qui annonce qu’il va porter plainte pour agression physique après un différent dans la matinée dans son bureau.

Il faut rappeler que ce n’est pas la première fois que l’homme est en proie à des accusations sur son comportement. Il y a eu un précédent avec une employée de la mairie de La Riche : les syndicats s’étaient emparés de l’affaire mais celle-ci avait fini par être classée sans suite.

Une nouvelle gouvernance dans quelques jours

En tout cas cette affaire c’est un gros coup dur pour l’institution qui peine à trouver son rythme de croisière depuis son passage en Métropole au cours de l’année 2017. Elle a de grands projets comme la 2e ligne de tram mais a du mal à prendre son réel poids politique, notamment parce qu’il n’y a pas de vraie majorité de droite ou de gauche et que les consensus sont difficiles à trouver. Dans ce contexte, Wilfried Schwartz peinait à faire la synthèse. Le voici donc poussé vers la sortie.

Dans les prochains jours, les maires et élus vont devoir se réunir pour envisager la suite et l’élection d’un nouveau président. Cela se fera via le conseil communautaire qui compte 87 membres. Pour l’instant on ignore qui pourrait jouer ce rôle et ce que cela signifiera pour l’avenir des différents projets. L'affaire devrait être réglée d'ici le 8 juillet, date de la prochaine assemblée.

MG et OC