Tours

A Tours, un dispositif anti-harcèlement en cours de déploiement dans les bars

Déjà à la guinguette et au Bistro 64.

Le harcèlement sexiste, l’homophobie, la transphobie, l’handiphobie, la grossophobie, le racisme… Quand on sort en ville, ces comportements ne sont pas rares. Ce sont des remarques, des moqueries, parfois des gestes déplacés. Cela met mal à l’aise, ça révulse, et parfois ça devient carrément dangereux. Pour protéger les victimes, le collectif MeTours s’occupe de déployer le dispositif Angela à Tours.

Déjà testé ailleurs en France, il s’agit d’un programme de lutte contre les discriminations auxquelles on peut se confronter dans la vie sociale. L’idée est de former le personnel des bars ou des restaurants pour que serveurs, serveurs et autres employés soient capables d’apporter une réponse à toute situation de détresse. Angela est ainsi un mot de passe. Quand quelqu’un vient au bar et demande « Où est Angela », c’est qu’il y a un problème et qu’il faut agir. « On insiste bien sur le fait que cela ne concerne pas que les femmes victimes de harcèlement mais tout le monde » précise Clémence, porte-parole de MeTours qui rassemble aujourd’hui une dizaine de personnes (et cherche des bénévoles).

Après le Bistro 64 en 2020, il a convaincu la guinguette Tours-sur-Loire de rejoindre l’expérimentation depuis ce mois de juin.

Faire partir la personne qui harcèle, appeler la police si nécessaire

« Nous mettons systématiquement en place une sensibilisation pour expliquer comment mettre fin aux situations de harcèlement, écouter les victimes et les mettre en sécurité, faire partir la personne qui agresser, voire appeler les forces de l’ordre si la situation l’impose » détaille Clémence. Un protocole répété dès que de nouvelles têtes intègrent le personnel de l’établissement. « Chaque soir, un référent s’engage à prendre de son temps pour gérer les situations qui se présenteraient » poursuit la jeune femme qui compte bien étendre le réseau rapidement en rencontrant les différentes adresses prisées du centre-ville. A terme, on pourra les repérer grâce à la présence d’un sticker au nom d’Angela.

Pour l’instant, le dispositif est en cours de rodage. Par manque d’information, il y a assez peu de retours. L’idée est bien d’amplifier la dynamique, « renverser le sentiment d’impunité que l’on peut avoir. Certaines personnes croient qu’elles peuvent harceler sans qu’il y ait de réaction et ça ce n’est pas possible » alerte Clémence/ Angela est soutenu par la ville de Tours et le Conseil Régional. Il pourrait finir par s’étendre aux pharmacies pour agrandir encore le maillage du territoire. Plus d’infos sur la page Facebook MeTours.

Olivier Collet