Tours

De nouvelles missions pour la police municipale de Tours ?

Après le vote de la loi sur la sécurité globale.

Mercredi 19 mai le conseil municipal de Tours s’est ouvert avec un débat sur la sécurité. Le maire Emmanuel Denis a tenu a rendre hommage à Stéphanie Monfermé - policière à Rambouillet - et Eric Masson - policier à Avignon. Les deux fonctionnaires ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions ces dernières semaines :

« Bien sûr nous partageons la peine de leurs familles. Nous voulons rappeler aux forces de police locales que nous sommes infiniment reconnaissants de leur travail de maintien de l’ordre public. »

L’élu s’est par ailleurs justifié de parler assez rarement des questions de sécurité : « Je l’assume car bien souvent ça ne fait que rajouter de l’huile sur le feu. » Une pique à peine voilée à une opposition de droite qui s’agite souvent après des faits divers, l’ancien adjoint à la sécurité Olivier Lebreton ayant récemment dénoncé vivement le manque d’actions de la ville après des événements comme des voitures incendiées au Sanitas et aux Bords de Loire. Le membre du groupe Tours Nous Rassemble a d’ailleurs pris la parole sur le sujet devant l’assemblée :

« Votre hommage vient un peu tard. Les Tourangeaux ont compris que leur sécurité n’était pas votre priorité. Nous constatons l’absence cruelle de toute proposition alors qu’il y a une montée de violences dans nos quartiers depuis deux mois : des policiers municipaux agressés ou des sapeurs pompiers qui subissent des tirs de mortier en éteignant des feux de voitures. »

Le maire s’est défendu assurant qu’il y avait des actions en cours, notamment un diagnostic prévu « dans les semaines à venir » pour créer des « bataillons de prévention ». Des démarches sont également lancées pour recruter de nouveaux policiers municipaux, cependant un appel à candidatures récent s’est révélé infructueux. Deux autres sont prochainement programmés : « Nous avons la volonté d’y arriver et d’augmenter nos effectifs »rappelle Emmanuel Denis, c’est-à-dire d’atteindre la centaine d’agents.

Des hommes et des femmes dont les missions risquent d’évoluer, au-delà de la surveillance de la voie publique, de la lutte contre le tapage nocturne ou le stationnement gênant. C’est l’élu d’opposition Benoist Pierre (Les Progressistes) qui a abordé le sujet ::

« La loi Sécurité Globale qui a récemment été votée prévoit que les policiers municipaux pourront désormais saisir des stupéfiants, constater la vente à la sauvette, la conduite sans permis, les rodéos non autorisés assez légion dans la ville, le défaut d’assurance, l’occupation des halls d’immeubles, le squat d’un terrain et les tags. Je voudrais connaître votre opinion sur le sujet. »

Présent dans les manifestations contre le texte du gouvernement, Emmanuel Denis a rappelé qu’il s’était avant tout engagé contre l’article 24 qui restreint selon lui la liberté de la presse. Il est moins farouchement opposé aux compétences élargies de la police municipale mais redoute « un transfert du rôle de l’Etat vers les collectivités », autrement dit que la police nationale se décharge de missions et les laissent aux équipes de la ville. « Une police low cost » résume son adjoint Philippe Geiger, chargé de la tranquilité publique.

Malgré cette méfiance, Tours compte candidater pour expérimenter l’application de l’article 1er de la loi sécurité globale concernant la police municipale. Un débat plus large sur le sujet pourrait avoir lieu au conseil municipal.

Olivier Collet