Tours

Réouverture des bars : une soirée désinhibée à Tours

Il y avait du monde, trop de monde même...

Mercredi 19 mai 2021, depuis les annonces gouvernementales, ce jour est devenu pour beaucoup un horizon de libération, le signal du retour de la convivialité. Après un an de privation, de contacts sociaux limités au minimum, les espaces de convivialité que sont bars et restaurants étaient attendus et c’est peu dire.

Fermés depuis le 29 octobre 2020, les bars peuvent à nouveau ouvrir en extérieur. De nombreux citoyens perçoivent cette soirée comme le début d’un retour à la normale. Et effectivement, c’est un moment décomplexé qui a eu lieu, où corps et esprits se sont libérés l’espace de quelques heures, dans une désinhibition générale, mais sans débordements.

Dès le matin, les adeptes de la caféine viennent retrouver le plaisir d'une terrasse ensoleillée, mais c’est vers 17 heures que l’afflux de clients a carrément explosé. Pris d'assaut, les bars ont vainement tenté de faire respecter les règles établies, 6 personnes par table, assises, avec masque pour se déplacer. Mais l’enthousiasme a été trop fort, une foule débordante de joie arpentait les rues de Tours, fondant sur la moindre place disponible pour étancher une soif qui semblait inextinguible, de la rue Colbert à la place Plumereau.

Et même si la pluie a alterné avec les éclaircies, les amateurs de houblon ou de raisin se sont réjouis de cette liberté retrouvée. Au milieu de cette affluence, Loïc et Marie Corentine savourent une bière et un cocktail en attendant quelques amis. Marie Corentine le reconnaît, ”ça fait vraiment plaisir de pouvoir enfin retrouver le monde, le contact, de croiser des amis par hasard, de voir à nouveau des regards, des sourires. C’est la vie qui reprend, avec l’espoir que ça soit le dernier confinement.”

Tandis que la pluie s’abat sur la place Plumereau pour quelques minutes, la fanfare de la faculté de médecine “La Vaginale” ouvre les vannes de la désinhibition le temps de quelques morceaux, lançant une danse générale libératrice.

Chloé et Vincent, étudiants, se délectent de cette ambiance festive qu’ils attendent depuis si longtemps : “C’est sympa, avec les copains on se retrouve, on s’éclate, on partage, il y a une vraie euphorie ce soir. Bien sûr ce n’est pas idéal en termes sanitaire, les bars essaient de faire respecter les règles, mais pour ce soir c’est plutôt les citoyens qui sont en roue libre. Une fois ce moment de folie passé, on va pouvoir aller au cinéma, au théâtre, voir des expos, etc. On a pris nos places pour le Printemps de Bourges.”

Azim, restaurateur, reste prudent. Tout comme ses collègues, il a scrupuleusement respecté les consignes en ouvrant seulement 4 tables, mais il déplore le comportement un peu trop enthousiaste des clients qui pourraient hypothéquer l’activité des prochains mois si un nouveau confinement était nécessaire.

Ces débordements festifs du soir sont remontés jusqu’aux élus pris par le Conseil Municipal. En cours de séance, l’adjoint aux commerces Iman Manzari a d’ailleurs fait part de son inquiétude sur les images du soir place Plumereau.

“Il faut que l’on appelle à la responsabilité de chacun si on ne veut pas que les terrasses referment. Nous allons voir dès demain matin pour améliorer les choses.”

De leur côté Michèle, et Agnès, largement majeures et vaccinées avec leur 70 printemps, sont venues humer cette ambiance de liberté, “voir les jeunes, boire un coup, souffler enfin, car on était enfermées depuis 6 mois” confient-elles.

Ici et là, on capte des moments que l’on avait presque oubliés : verres qui tintent, rires entre amis, serveurs qui se faufilent entre les tables, joueurs d’échecs tranquillement attablés, couples qui s’embrassent… un retour à la vie presque normale, en espérant que cela soit durable.

Avec un quart d’heure tourangeau de tolérance, serveurs et serveuses rangent tranquillement les tables, épuisés par cette soirée de folie. Poussant gentiment quelques clients trop enthousiastes ou alcoolisés à rentrer, ils affichent une mine satisfaite. A n’en pas douter, cette soirée restera dans les mémoires pour certains, et disparaîtra dans les vapeurs alcoolisées pour les moins raisonnables.

Pascal Montagne