Tours

La Cité de la Gastronomie va investir les Halles de Tours

Tout en restant à la Villa Rabelais...

Végétative depuis plusieurs années, la Cité de la Gastronomie va prendre son envol. C’est en tout cas le message envoyé par la ville de Tours et son maire Emmanuel Denis. Avec leurs partenaires ils ont présenté leur vision de ce projet qui n’a jusque-là jamais vraiment décollé…

En y regardant de près, clairement, l’eau chaude n’est pas réinventée par cette Cité Internationale de la Gastronomie V4 ou V3 bis c’est selon, les bases du projet restant les mêmes.

En revanche quelques évolutions se révèlent comme marqueurs de la volonté politique de la majorité d’Emmanuel Denis, arrivée à la tête de Tours l’été dernier. Les mots et la communication employés déjà : « transition alimentaire », « bien manger pour tous ». Des items, répétés à l’envie par l'élu et son adjointe à l’alimentation Alice Wanneroy, comme projets clés de leur mandat, depuis leur arrivée au pouvoir en juillet dernier, voire plus loin encore pour Emmanuel Denis qui en avait fait un cheval de bataille lorsqu’il était élu d’opposition dans la précédente mandature.

Oui mais, si en politique l’art de répéter les choses permet souvent de convaincre, cela nécessite d’aller plus loin que les simples mots. Or, si on regarde les grandes lignes du projet présenté ce jeudi, il ressemble pour peu ou prou à la dernière version qui avait été dévoilée dans ces mêmes lieux de la Villa Rabelais à l’automne 2019.

La Villa Rabelais et les Halles comme coeurs du projet

Ce qui était annoncé à l’époque, à savoir un projet articulé autour de deux lieux totems : la Villa Rabelais du Boulevard Béranger et les Halles de Tours, reste, avec un axe renforcé néanmoins pour les Halles.

Le troisième volet annoncé il y a un an et demi, la labellisation d’événements autour de l’alimentation et de la gastronomie en s’appuyant sur l’existant (Ferme Expo, Vitiloire, Rencontres François Rabelais) reste également, avec une volonté de créer néanmoins de nouveaux rendez-vous comme un festival autour du cinéma et de la gastronomie en lien avec les cinémas Studio. Tours Evénements, appelé en 2019 à piloter la partie événementielle de la Cité de la Gastronomie est relégué aujourd’hui à l’organisation des manifestations dont il a déjà la charge (Ferme Expo, Mondial du Fromage…), en attendant des jours meilleurs après une année compliquée en raison du Covid.

La vraie nouveauté par rapport à la mouture précédente c’est la volonté d’essaimer cette Cité de la Gastronomie dans toute la ville et dans les quartiers populaires comme au Sanitas qui devrait accueillir l’école « Cuisine Mode d’Emploi(s) » du chef Thierry Marx, une structure d’insertion qui forme des commis de cuisine en 11 semaines.

1 900 m² aux Halles de Tours pour la Cité de la Gastronomie

Depuis la labellisation de Tours comme Cité de la Gastronomie, la place des Halles dans le projet s’est posée. L’ancien maire de Tours, Christophe Bouchet, souhaitait notamment que l’Institut du Goût initié par Jacques Puisais s’y installe. Désormais, Emmanuel Denis souhaite utiliser les 1 900 m² d’espaces vides et rénovés dans les étages des Halles pour y installer ce qui était prévu initialement dans le bâtiment Victor Hugo, à l'arrière du site de la Villa Rabelais. Une façon de réaffirmer l’importance des Halles dans la gastronomie et l’alimentation tourangelle mais aussi de reprendre la main sur l’avenir du bâtiment qui avait créé beaucoup de polémiques lors de l’annonce en 2019 de sa restructuration.

Si le maire de Tours a évoqué des projets qui seront à « co-construire » avec les commerçants, on peut déjà imaginer y voir des ateliers de découverte, un restaurant d’application, une école du goût, ou encore des espaces de dégustation….  Niveau calendrier, Alice Wanneroy a évoqué des espaces des Halles prêts en 2023-2024.

Quant à la Villa Rabelais, elle garde un poids important dans le projet, grâce notamment à la présence de l’IEHCA (Institut Européen de l’Histoire et la Culture de l’Alimentation) dans ses locaux. Ici, la ville de Tours imagine ainsi « Un mini Beaubourg de la gastronomie » avec au rez-de-chaussée, la bibliothèque gastronomique qui ouvrira ses portes au public en juin, avec 400 ouvrages disponibles, un jardin aromatique (déjà prévu initialement), une terrasse, des bureaux pour les chercheurs et des événements scientifiques et/ou grand public organisées par l’IEHCA.

Mathieu Giua