Tours

Grand Théâtre de Tours : le déménagement des occupants crée des tensions

Mais le mouvement se poursuit.

Ce jeudi 6 mai, coup dur pour collectif qui a investi le Grand Théâtre de Tours depuis 55 jours pour dénoncer la réforme de l'assurance chômage. Il était invité à déménager. Un déménagement tout relatif puisque la direction du théâtre leur a proposé une salle annexe pour continuer leur occupation et leur lutte. Une solution dans la lignée de la promesse de soutien au mouvement faite 2 mois auparavant. C’est en tout cas la vision du directeur du Grand Théâtre, Laurent Campellone.

Cela dit, cette position est vue comme une trahison pour les occupants, incités à se diriger dans une pièce appelée la Salle des Chœurs, derrière le Grand Théâtre, c’est-à-dire ne donnant pas accès à l’intérieur du lieu, et ne permettant pas la visibilité nécessaire à leur combat.

Du point de vue de la mairie et de la direction, il s’agit essentiellement d’un problème pratique. Permettre aux employés du théâtre de reprendre leur travail, de remettre en condition pour l’accueil du public ce bâtiment fermé depuis près d’un an, et laisser répéter les chanteurs en respectant les contraintes sanitaires qui obligent à séparer les chœurs sur plusieurs salles. Laurent Campellone ne doutait pas de l’issue pacifique “on cherche la meilleure solution pour que soit conciliable reprise d’activité et occupation”, estimant respecter les engagements pris pour soutenir les occupants en leur offrant l’accès de jour à la salle des chœurs.

Pour les militants, portés par le mouvement national, portant un combat dépassant les problématiques logistiques locales, la relégation dans ce local discret signifiait la fin de leur combat par manque de visibilité, qui plus est impropre à une occupation AG, ateliers et processus créatifs animait le mouvement 24 heures sur 24.

Quelques militants bruyants tentaient d’attirer l’attention de la direction devant le théâtre en fin de journée, pendant que se menaient des discussions à l’intérieur pour aboutir à un consensus. La police municipale était présente. La mairie, représentée par Christophe Dupin, adjoint à la culture, tentait de trouver des solutions, notamment en appelant d’autres structures telles que le théâtre Olympia pour accueillir le collectif. A l’issue de la journée une AG des militants était prévue salle Ockeghem, amorçant semble-t-il un déménagement des militants.

Pascal Montagne