Tours

Tours-Nord : ce qu’il va se passer pour le Haut de la Tranchée

Début des travaux espéré en 2023.

Le maire de Tours évoque un projet « prioritaire » dans un quartier « symbolique » : Emmanuel Denis veut faire bouger le Haut de la Tranchée mais il reprend à zéro ce chantier de rénovation situé au nord de la Loire. Finis le partenariat avec le promoteur Icade, la promesse de construire 360 logements (dont 60 HLM), l’idée d’aménager 1 850m² de commerces ou celle de regrouper l’école maternelle Victor Hugo avec la section élémentaire. Ça, c’était au temps de la précédente municipalité dirigée par Christophe Bouchet. Aujourd’hui, la ville veut toujours modifier l’ambiance du quartier mais elle ne compte pas tout bousculer. Surtout, elle a l’ambition de travailler avec les habitants, les commerçants, les artistes ou les associations.

L'ancien projet.

Pour amorcer la démarche il y avait une réunion publique virtuelle ce jeudi soir. Plus de 150 personnes présentes derrière leur écran (pas mal). Elles ont découvert les ambitions des élus pour le secteur. Des idées à amender. C’est-à-dire qu’on ne pourra pas vous montrer de belles images de synthèse nous laissant imaginer un certain futur. On a quand même une petite idée de ce qui nous attend…

Les nouveaux logements abandonnés… pour l’instant

« Nous voulons retrouver de l’éclat et de l’attractivité dans ce quartier » insiste Emmanuel Denis, « construire un équilibre entre l’ancien et le moderne » complète son adjoint Bertrand Renaud en charge des dossiers de Tours-Nord. Cela signifie par exemple que la façade de l’ancienne mairie de Saint-Symphorien – commune rattachée à Tours en 1964 – sera conservée. Mais pas le reste du bâtiment : « Les murs ont subi des infiltrations d’eau, les planchers sont au bord de l’effondrement, la toiture n’est pas récupérable » liste l’élu désireux de trouver une solution « pour conserver une trace du patrimoine du XIXe siècle même si certains souhaitent le raser. »

En attendant, les murs s’ouvrent à l’art. Après le premier étage, la ville compte bien coloriser le second avec l’appui de l’association Cavalier Rouge qui s’est déjà beaucoup investie ces derniers mois. Et puis au terme des travaux, s’ouvrira là une Maison des Associations et une Maison de la Démocratie, un lieu pour attirer un maximum de public.

La façade de l'ancienne mairie.

Changer l’ambiance, cela passera aussi par « un renforcement de la place du végétal » nous dit-on, « afin d’éviter les ilots de chaleur ». Comment ? Ce sera à définir. Il pourrait aussi être question d’ouvrir un café sur la place, dans le cadre d’une « redynamisation des commerces » et pour créer une sorte de « place de village ». Là-encore, le détail ce sera pour plus tard. Ce qui est acté en revanche, c’est que l’école Victor Hugo qui comptera 6 classes au lieu de 5 en septembre ne sera pas démolie en vue d’une reconstruction à neuf. « En termes d’impact carbone on a toujours intérêt à réhabiliter » assure le maire qui veut globalement « une action forte de rénovation thermique des bâtiments » du quartier.

Des ateliers de réflexion jusqu’en fin d’année

En fait ce qui frappe dans le nouveau projet de la municipalité c’est la requalification du périmètre : il n’englobe plus toute la zone jusqu’au parking relais, juste les abords immédiats du rond-point avec les colonnes de Buren (que certains n’aiment pas, « mais on ne décidera rien sur leur avenir sans l’artiste » promet Emmanuel Denis. Dans cet espace, l’idée est plus de réaménager que de chambouler. De nouveaux logements ? « Je ne ferme pas la porte mais il faudra que ce soit une ambition commune » répond l’adjointe à l’urbanisme Cathy Savourey. La circulation ? Une étude est en cours pour modifier la sortie du parking relais et désengorger la Rue des Bordiers où les riverains dénoncent des problèmes de sécurité.

Surtout, la ville de Tours promet de la concertation : « Nous allons créer un groupe de projet paritaire avec des citoyens, des élus, des techniciens, étudiants… » explique l’élue en charge de la démocratie participative, Annaelle Schaller. Les inscriptions sont ouvertes jusqu’au 31 mai sur le site de la ville, les ateliers auront ensuite lieu jusqu’à fin 2021-début 2022 pour un début de travaux en 2023.

Olivier Collet