Tours

Aux Deux-Lions : pas d’extension pour l’Heure Tranquille et étude sur les commerces de proximité

Mais pas de nouveau marché dans l’immédiat.

A Tours, le quartier des Deux-Lions c’est 4 000 habitants, un cinéma, plusieurs restaurants, des magasins de vêtements, une pharmacie, une poste, un bowling, un supermarché mais pas de boulangerie, de boucherie, de fleuriste ou encore de pressing. Les commerces de proximité manquent cruellement et beaucoup de monde s’en plaint. Quand Christophe Bouchet était encore maire, on avait appris l’existence d’un projet d’extension du centre commercial l’Heure Tranquille, l’idée étant de construire un bâtiment à proximité immédiate des quais du tram et d’y intégrer les enseignes tant réclamées. Cela n’arrivera pas.

Lors d’une réunion publique organisée il y a quelques jours, la mairie désormais dirigée par Emmanuel Denis a annoncé l’abandon du chantier. L’élu en charge du commerce Iman Manzari s’en explique auprès d’Info Tours :

« On a fait le bilan. C’était un dossier hasardeux, mal engagé, aux marges de manœuvre faibles. Le permis de construire n’était pas déposé, les délais de réalisation nous paraissaient longs. Donc je n’ai pas émis un avis favorable. Ma collègue à l’urbanisme Cathy Savourey trouvait, elle, que cela supprimait un espace de respiration dans le quartier. Enfin les propriétaires n’ont pas affiché une volonté monstre pour cette extension. »

Pour toutes ces raisons, la municipalité jette donc le dossier à la poubelle. Cela dit, l’adjoint au maire assure que l’idée d’implanter des commerces de proximité est loin d’être abandonnée. Clairement, pour lui, la présence de Monoprix ne suffit pas (d’autant que la fermeture de l’enseigne a un temps été envisagée). « Ce quartier n’a pas été pensé comme résidentiel mais il le devient, donc il faut faire quelque chose » indique Iman Manzari. Et de préférence en dehors de l’Heure Tranquille, « un centre commercial centré sur les loisirs et le shopping où l’on ne vient pas pour des courses du quotidien. »

Mais alors que faire et où ? La ville de Tours a lancé une étude pour déterminer les meilleurs emplacements et la taille des cellules commerciales. On peut raisonnablement imaginer que ça se ferait au pied d’immeubles existants, pas forcément besoin de construire de nouvelles choses. Un cabinet spécialisé a déjà entamé son travail. Suivra la recherche d’entreprises intéressées, à qui il faudra prouver le potentiel économique sur le long terme : « Il ne faudra pas choisir la localisation au hasard » insiste Iman Manzari. Près de l’école ? De la fac ? Du tram ? En un bloc ou disséminé dans le quartier ? A priori les habitants seront consultés. Mais il faudra sûrement attendre au moins 2 ans avec que tout se concrétise.

Quel avenir pour l’ancienne place du marché ?

Par ailleurs, faut-il s’attendre au retour d’un marché dans le quartier ? « On m’a posé la question mais pour l’instant je pense plutôt à redynamiser les marchés existants qu’à en créer de nouveaux » répond l’élu. Rappelons que l’expérience d’un marché hebdomadaire chaque mardi soir a échoué aux Deux-Lions. Et que le marché de Monconseil inauguré en 2020 n’est pas encore très vaillant. Iman Manzari affiche donc son scepticisme sans se dire fermé « si il y a une forte demande. » « Ce qu’on veut c’est éviter un flop » conclut-il.

Reste à voir ce que deviendra l’ancienne place actuellement vulgaire dalle de goudron endormie. Là-aussi, des projets seraient en cours et pourraient être soumis à consultation populaire. Peut-être un espace vert, arboré voire agrémenté d’eau pour rafraîchir une zone très bétonnée et parfois inhospitalière ?

Olivier Collet