Tours

Arrivée de la 5G à Tours : la Métropole lance une consultation citoyenne

Pour encadrer le déploiement des antennes.

Certains diront que l’agglo est déjà en retard sur ce dossier... D’autres qu’elle prend volontairement son temps par précaution. En tout cas Tours Métropole ne fait pas partie des communautés de communes pionnières pour le déploiement de la 5G, le nouveau réseau d’Internet mobile qui nous promet des téléchargements plus rapides mais aussi des prouesses technologiques (par exemple dans le milieu médical). A terme, cette technologie prendra le pas sur la 4G, et il faudra changer tous nos smartphones pour l’utiliser.

Cette 5G c’est le gouvernement qui a choisi de l’installer en France et les pouvoirs publics locaux ne peuvent pas s’y opposer. Ils ont quand même une marge de manoeuvre : la possibilité de négocier avec les opérateurs lors des projets d’installations d’antennes... Utile alors qu’il y a beaucoup de réticences dans la population ou chez les élus, le maire écologiste de Tours en tête. Parmi les arguments anti-5G on citera des craintes pour la santé, en particulier les personnes électrosensibles. Mais aussi pour l’environnement avec un encouragement à consommer toujours plus de technologie, toujours plus vite.

Les installations gelées en attendant un rapport

Tours Métropole tente de répondre à cette méfiance... Les 87 élus de l’agglo n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur une position commune autour de la 5G. Ils s’en remettent donc à une consultation publique, un peu sur le modèle de la convention citoyenne pour le climat lancée par le gouvernement. Dès ce jeudi 8 avril, et jusqu’à la fin du mois, des citoyens, des associations, des élus et des représentants du monde économique vont plancher sur le sujet et établir une liste d’observations ou recommandations. L’objectif est de créer une charte pour le déploiement de la 5G. Pendant ce temps, les 4 opérateurs (Free, Orange, SFR et Bouygues) acceptent de geler la mise en service de relais.

La démarche est justifiée par Maria Lépine, maire de Villandry et vice-présidente en charge des questions numériques :

« Les maires de la Métropole ont reçu un volume important de dossiers sur la 5G. 125 en deux mois. Face aux impacts pouvant en découler, ils ont voulu prendre le temps d’analyser les risques et les freins aux opportunités de développement, questionner les usages pratiques de notre consommation numérique, analyser l’impact de cette technologie sur l’économie, l’environnement, le sanitaire et le sociétal. L’idée est de déterminer dans quelles conditions on pourra faire de la 5G un axe de développement économique en maîtrisant l’impact environnemental et sanitaire mais aussi la qualité de vie. »

Le panel initial était prévu pour comprendre 30 citoyens (tirés au sort ou volontaires), 30 représentants associatifs et économiques (Que Choisir, la CLCV, Robin des Toits...), 30 élus et 10 experts dont le député Cédric Vilani. Au total une centaine de personnes. Pour l’instant, 75 ont répondu favorablement. Leurs réunions aboutiront à la publication d’un rapport fin mai-début juin. « Tours Métropole s’engage à analyser les recommandations préalablement hiérarchisées et à établir un plan d’action » détaille Maria Lépine. Parmi les mesures envisageables : interdire les antennes 5G à une certaine distance des écoles.

Jusqu’au 15 avril, vous pouvez également faire vos propres observations sur le site de Tours Métropole, sachant que la plateforme open data de l’agglo dévoile l’intégralité des antennes déjà actives sur les 22 communes du territoire.

Olivier Collet