Tours

A Tours, manif pour le climat en bord de Loire : « La planète a ses limites, la patience aussi »

Près de 1 000 personnes ont participé à la marche.

« En mars ne te découvre pas d’un fil » clame une pancarte aperçue Rue Nationale ce dimanche 28 mars. Une semaine après le début du printemps il fait près de 20° et le slogan fait clairement écho à des températures jugées trop élevées pour la saison. Aujourd’hui, hier, le mois dernier, en 2020… de plus en plus souvent, en fait.

C’est sous ce grand soleil très commenté que 1 000 personnes sont venues marcher dans les rues de Tours, à la veille de l’examen de la loi Climat et Résilience à l’Assemblée Nationale. Ce texte, le gouvernement le voit comme un projet ambitieux pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Ses articles s’inspirent notamment des travaux de la Convention Citoyenne pour le Climat… Un collectif qui lui met seulement une note de 3,3/10, frustré qu’une grande partie de ses propositions ait été édulcorée ou retoquée. Les députés de l’opposition comptent également se faire entendre : près de 7 000 amendements ont été déposés.

Une déception dont on perçoit l’écho en Indre-et-Loire… « Pas de climat, pas de chocolat » voit-on sur un autre carton au côté des désormais classiques « Il n’y a pas de planète B » ou « Si le climat était une banque on l’aurait déjà sauvé ». Ce dimanche, la foule est venue pour demander plus au gouvernement, et vite : « La planète a ses limites, la patience aussi » résume un manifestant quand Greenpeace fait défiler le Roi Blabla, pour se moquer d’Emmanuel Macron accusé de parler beaucoup mais de ne pas traduire ses discours en actes forts.

Le cortège multigénérationnel rassemblait aussi bien des associations que des partis politiques. Pêle-mêle : les Jeunes Communistes, ANV-Cop21, le NPA, Solidaires, EELV, des opposants à l’aéroport de Tours, des antinucléaires, le candidat écolo aux élections régionales Charles Fournier et un groupe d’élus de la ville de Tours : « On marchera autant que nécessaire » expliquait notamment le maire Emmanuel Denis… lui-même visé par un slogan lui demandant les transports gratuits en guise d’action forte pour le climat.

Après un démarrage timide à 14h30, la foule a finalement pris de l’ampleur et emprunté un parcours relativement inédit pour une manifestation : Rue Nationale, Rue des Tanneurs puis les bords de Loire entre le Pont Napoléon et le Pont de Fil avant de rejoindre le Grand Théâtre occupé par des artistes et précaires du monde de la culture.

Olivier Collet / Photos : Claire Vinson