Tours

2e tram de Tours : un recours gracieux pour protéger les arbres du Boulevard Béranger

En attendant les actions judiciaires ?

Le projet de construction d’une deuxième ligne de tram à Tours s’annonce décidément comme le dossier le plus chaud des prochains mois et des prochaines années. L’objectif officiel est d’inaugurer le projet à l’horizon 2025-2026 dans le but de relier La Riche à Chambray-lès-Tours via le nouveau quartier du Plessis-Botanique, le nouveau quartier des Casernes, le Boulevard Béranger, la gare de Tours, le Carrefour de Verdun, les Fontaine ou encore le CHU Trousseau. Près d’un demi-milliard d’euros devra être mobilisé pour réaliser l’ensemble de l’opération. Si elle aboutit comme prévu.

Nées pendant la campagne des élections municipales et métropolitaines de 2020, les oppositions au tracé prennent une ampleur de plus en plus vigoureuse concentrées sur la portion allant de la Place Jean Jaurès à La Riche. Celle-ci est présentée comme inadaptée par l’ancien-maire de Tours Christophe Bouchet (trop de virages jusqu’à La Riche et un temps de parcours jugé pas assez rapide pour encourager l’abandon de la voiture). L’élu centriste qui fait maintenant partie de l’opposition émet également des réserves sur l’avenir des arbres du Boulevard Béranger même s’il attend les résultats définitifs des études pour prendre une position définitive.

Un sujet très sensible…

Explications : dans le projet il a toujours été question de garder l’alignement principal d’arbres du mail Béranger mais d’abattre ceux qui sont situés entre les places de parking. Certains observateurs craignent que les travaux condamnent l’ensemble des platanes centenaires. Et s’étonnent que des élus écologistes prennent ce risque.

Le sujet est très sensible : pour bien le comprendre, il faut rappeler que le chantier de la première ligne a vu beaucoup d’arbres tomber, et qu’il y avait déjà eu des mobilisations pour empêcher ça (avec militants enchaînés aux troncs). Une fois la ligne mise en service, il a été reconnu publiquement que le tracé était trop minéral, d’où la promesse de faire plus vert pour la ligne B. Et d’où les inquiétudes exprimées sur les spécimens du Boulevard Béranger.

Une lettre de 4 pages aux élus

La fronde est menée par une structure récemment créée : l’ASPAAT soit Association de Sauvegarde du Patrimoine Arboré et Architectural Tourangeau. Présidée par Xavier Pouyat, elle compte surtout le commerçant Richard Moreau comme vice-président… opposant de la première heure au tram par le Boulevard Béranger au profit du tracé par Jean Royer (jugé beaucoup moins attractif pour la population, et donc abandonné). Afin de se faire entendre, elle a déposé un recours gracieux auprès de la mairie de Tours et de Tours Métropole. Cette action non contraignante vise à obtenir l’annulation du projet de tram actuel vers La Riche pour le revoir (l’hypothèse de faire passer les rails par les Tanneurs est avancée, scénario également jugé inefficace par les études).

Un premier courrier a été transmis aux élus en janvier… Faute de réponse deux mois plus tard, l’ASPAAT remet le couvert avec une lettre de 4 pages à Wilfried Schwartz et Emmanuel Denis. Extrait :

« C'est un leurre de nous faire croire que des alignements d’arbres « urbains » et aussi anciens résisteront à ces travaux de déplacements obligatoires des réseaux de gaz, de l’électricité, de l’eau, de l’assainissement et des télécommunications qui se trouvent sous les tracés des futures lignes. En effet, les racines (…) sont entremêlées aux anciens réseaux rendant techniquement l’abattage inévitable. Des villes comme Chatillon, Clamart ou Angers qui « pensaient » pouvoir conserver leurs arbres (…) les ont vus mourir quelques années plus tard ou ont dû tous les abattre par mesure de sécurité. »

Si elle n’est pas entendue, l’association menace clairement d’un recours en justice. D’autres acteurs locaux pourraient également s’engager dans cette voie contre un projet qui sera très probablement déclaré d’utilité publique par la préfecture d’Indre-et-Loire. Une DUP qui a la faculté de rendre le chantier prioritaire sur d’autres règlements, mais pas d’empêcher les actions pour tenter de le faire annuler. Ou au moins de le retarder.