Tours

Covid au CHU de Tours : « La réa est proche de la saturation »

Les patients hospitalisés sont presque aussi nombreux qu’en novembre.

Une nouvelle période délicate pour les équipes soignantes de l’hôpital de Tours… Voilà le message envoyé par la direction de l’établissement ce jeudi : « Nous accueillons actuellement 93 patients Covid+ au CHU et on commence à avoisiner les chiffres du pic de novembre » alerte le président de la communauté médicale d’établissement Frédéric Patat. Le médecin parle « d’un plateau ascendant qui dure depuis de nombreuses semaines et ne semble pas vouloir baisser. » Les cas infectés par le variant anglais du coronavirus sont majoritaires mais la présence des variants sud-africain et brésilien est « occasionnelle et anecdotique, on espère que ça va rester le cas. »

Ce qui inquiète beaucoup l’hôpital en ce moment c’est la quasi saturation de ses services de réanimation. Ces derniers sont équipés de 80 lits dont 35 actuellement occupés par des patients Covid, sans compter les personnes soignées pour d’autres pathologies. Résultat, selon Frédéric Patat :

« Chaque patient fait l’objet d’une discussion entre les équipes médicales. Chaque transfert en réa est compté. Il faut qu’on soit sûr que 2 ou 3 personnes sortent du service pour en prendre 2 ou 3… en espérant qu’il n’y en ait pas 4, 5 ou 6 qui aient besoin de la réa »

Pour libérer des lits, le CHU de Tours a relancé son Plan Blanc mercredi 10 mars, ce qui a en particulier comme conséquence la déprogrammation d’environ 20% des interventions chirurgicales préprogrammées : « Cela concerne toutes les disciplines médicales et chirurgicales et ça se fait en concertation au sein des équipes » assure la directrice générale Marie-Noëlle Gérain-Breuzard. En complément de cette mesure il a été décidé de fermer une unité d’orthopédie, quelques lits de chirurgie et d’autres en chirurgie pédiatrique « ainsi on libère des personnels plus rapidement compétents pour renforcer les équipes de réanimation. »

Un taux d’absentéisme très élevé chez le personnel

C’est l’autre grande difficulté gérée par le CHU en ce moment : les équipes décimées par l’épuisement lié à la surcharge de travail depuis un an ainsi que la multiplication des clusters Covid (sachant que chaque cas positif doit désormais s’isoler 7 jours mêmes sans symptômes, ce qui n’était pas le cas auparavant). Le taux d’absentéisme de l’établissement atteint ainsi 9,5% soit un point et demi de plus qu’en temps normal. De plus, contrairement au confinement de mars 2020, la direction ne peut pas compter sur les renforts étudiants qui poursuivent leur formation (« ce qui est heureux » précise Marie-Noëlle Gérain-Breuzard. Les recrues viennent donc d’ailleurs, notamment des agences d’intérim.

Cette situation semble amenée à durer : « Le taux de positivité des tests est passé de 4,5% - où on était assez tranquilles – à 7% ce qui n’est pas du tout bon signe » expose Frédéric Patat qui ajoute :

« Les simulations de l’institut Pasteur nous incitent à être raisonnablement pessimistes. Il faut que l’on anticipe pour ne pas se laisser avoir. »

Cela dit, depuis un an, le traitement des patients s’est amélioré, notamment vis-à-vis des formes sévères avec pour objectif de leur éviter une admission en réa. De nouveaux process de soins sont également en cours d’expérimentation.