Tours

[Photos du jour] « Marre des salles (co)vides » : le coup de gueule du Petit Faucheux à Tours

La salle est privée de spectacles depuis 4 mois.

Le monde culturel se meurt… Depuis un an il subit les restrictions sanitaires liées à l’épidémie de coronavirus. Plus longtemps encore que les restaurants puisque le secteur avait été le premier à pâtir des réductions de jauge deux semaines avant le confinement général du printemps 2020. A Tours ça avait commencé avec les restrictions d’accueil du Japan Tours Festival puis celles dans les concerts, au théâtre… Si quelques spectacles ont repris pendant la saison estivale, en septembre et en octobre, tout est à l’arrêt depuis le reconfinement automnal.

Conséquences de la situation : des artistes sans travail, des techniciens sans débouchés, globalement des dizaines de métiers dans le flou le plus total. Et ça risque encore de durer longtemps : les festivals estivaux ne pourront pas accueillir plus de 5 000 personnes en simultané, et forcément assises. L’American Tours Festival a déjà renoncé à s’y conformer préférant annuler tout l’événement. D’autres manifestations devraient suivre.

Globalement le secteur est prêt à mettre en place des protocoles Covid stricts… tant que le travail peut reprendre. La région Centre-Val de Loire ou la ville de Tours ont fait des propositions en ce sens (groupes de 8 personnes maximum pour visiter les musées ou expérimentation de réouverture des châteaux avec consignes drastiques) mais ça n’a rien donné.

Face à un gouvernement perçu comme sourd, il ne reste donc que la mobilisation. Une tribune signée par une kyrielle d’artistes a été publiée lundi dans Aujourd’hui en France afin d’exiger un calendrier précis de la part de l’Etat. Ce jeudi, une journée d’action nationale des pros de la culture est annoncée (manifestation dès 12h30 à Tours au départ de la Rue Emile Zola). Par ailleurs, en Indre-et-Loire, le photographe Romain Gibier s’acharne à recenser les différents métiers frappés par la crise sanitaire et propose à qui veut de diffuser ses clichés pour afficher l’étendue des dégâts au grand jour.

Cette semaine, Le Petit Faucheux y est aussi allé de son action. En plus des oeuvres de Romain Gibier, la salle du centre-ville de Tours spécialisée dans le jazz a affiché plusieurs messages sur sa façade, en lieu en place des annonces de spectacles. Une campagne qui scande « Marre des salles (co)vides » et détourne les mots qui ont marqué les derniers mois : de la « bamboche » sortie en pleine interview par l’ex-préfet du Centre-Val de Loire jusqu’aux appels d’Emmanuel Macron à se réinventer. A voir en passant Rue de Clocheville, et à partager parce que vraiment on est en manque !