Tours

700 arbres plantés d’un coup : un verger pédagogique va pousser à Mettray

Et tout le monde peut en profiter.

« La seule chose qu’on a le droit de faire en tant de Covid c’est de planter des arbres, alors allons-y ! » lâche Davy Cosson, co-fondateur de l’association Graines et Canopées, pour plus d’arbres en Touraine. Lancé mi-janvier, le projet va voir sa première application concrète ce samedi 13 février puis dimanche 21 via la mise en terre de 700 arbres fruitiers sur un terrain privé de Mettray, avec la bénédiction des propriétaires.

« On a monté l’association quand on a vu que l’Etat allouait 50 millions d’€ pour replanter des arbres et des haies dans le cadre du plan de relance post-Covid » explique celui qui est par ailleurs créateur d’une pépinière « comestible » à Fondettes. Cette somme est à solliciter d’ici 2022 ce qui implique de se bouger rapidement pour éviter que les fonds s’envolent. Parmi les objectifs gouvernementaux : planter 7 000km de haies par an sur tout le territoire, soit 3 000 de plus qu’aujourd’hui (sachant que dans le même temps 11 000km de haies sont arrachés en 12 mois).

Graines et Canopées s’inscrit dans ce programme. A Mettray, elle va planter pommiers, poiriers, abricotiers, pêchers, kakis, pruniers, figuiers, cerisiers… Des dizaines de bénévoles seront sollicités pour réaliser l’opération, avec inscription au préalable depuis la page Facebook de l’association (sur place il faudra évidemment respecter les gestes barrières). Ensuite, que va-t-il se passer ?

« On ne va pas venir tondre la pelouse toutes les deux semaines, ça restera à la charge des propriétaires mais l’entretien, le paillage, l’épandage de fumier on va s’en occuper. Ce sera le terrain de jeu de l’association pour organiser des ateliers, monter des projets pédagogiques sur la taille des arbres fruitiers puis organiser des chantiers de cueillette d’ici 2-3 ans. »

Ce premier verger participatif tourangeau se monte à partir de plants achetés chez des professionnels mais dans l’avenir l’association compte développer ses propres pépinières d’arbres fruitiers, d’aubépines, prunelliers, noisetiers ou églantiers « car il y a une grosse carence au niveau local » explique Davy Cosson. L’idée est donc de monter des pépinières « participatives et collaboratives » abondées à partir de graines récupérées sur le territoire tourangeau, notamment en forêt (en prenant soin d’obtenir toutes les autorisations nécessaires en amont) :

« Nous voulons obtenir le label Végétal Local. L’idée ce n’est pas d’acheter des plantes de Hollande pour les mettre en terre en Touraine. Ce ne serait pas adapté, il y aurait notamment un décalage de pollinisation. »

Comprenant une juriste, des techniciens ou un administrateur en provenance d’une grande association d’agroforesterie, Graines et Canopées compte multiplier les vergers collaboratifs sur le département « pour créer des zones d’ombres qui aident les animaux à se protéger en cas de sécheresse, lutter contre l’érosion des sols et même juste pour nous recréer des paysages. On aimerait bien que la Touraine ne ressemble pas trop à la Beauce dans dix ans. » Un objectif qui n’est pas isolé, une initiative similaire étant par exemple lancée à Chaveignes. La ville de Tours plantera également 1 000 arbres en une journée mercredi 17 février, dans 10 quartiers de la ville.

Olivier Collet