Tours

Coronavirus à Tours : les HLM en tension à cause de la pandémie

Les demandes de logements sociaux sont en hausse.

« Actuellement nous avons 5 demandes pour un logement » : c’est Marie Quinton qui parle, l’adjointe au maire de Tours en charge des questions de logement. Elle est entrée en poste à l’été 2020 après l’élection d’une majorité de gauche pour gérer la ville et la voilà avec un dossier conséquent à gérer : cet embouteillage de requêtes pour entrer dans un HLM. Un afflux qu’elle relie à la situation de crise sanitaire : « Un certain nombre de personnes voulaient un échange, par exemple parce que leur famille s’est agrandie. Mais la rotation des logements a fortement diminué en 2020 : les attributions ont été stoppées pendant plusieurs mois au printemps, elle se sont poursuivies pendant le reconfinement cet automne mais on ne pouvait pas faire de visites. »

Voilà donc pourquoi le taux de tension des appartements à loyer modéré est passé de 3 à 5 en quelques mois. Ce qui génère des situations sociales complexes : « Nous avons de plus en plus de cas de personnes pressantes, qui sont dans l’urgence. Pendant le confinement, certaines personnes au RSA ou sans emploi n’avaient pas la possibilité de sortir pour s’aérer et on comprend leurs difficultés. La suroccupation de certains logements est devenue invivable pour tout le monde » argumente l’élue.

Pour gérer ces problématiques, Marie Quinton est souvent en lien direct avec les locataires (elle tient une permanence chaque lundi matin, et plus si nécessaire) : « J’écoute, je vais sur place, je passe beaucoup de temps dans les immeubles » nous dit-elle. Ce qui l’amène également à gérer des conflits de voisinage qui ont tendance à augmenter (« on reçoit souvent des pétitions de personnes qui ne veulent plus d’un voisin »). Le recrutement d’un agent chargé de la médiation entre locataires est à l’étude au sein de la municipalité.

Par ailleurs, Marie Quinton et la municipalité maintiennent l’objectif d’intégrer 1 tiers de HLM pour chaque nouvelle opération immobilière sur le territoire communal, mais aussi un tiers de logements en accession à la propriété. De quoi maintenir le taux de logements sociaux qui est actuellement de 29% sur Tours : « Comparé à d'autres villes nous avons un parc social de bonne qualité que les bailleurs font l’effort de maintenir et de réhabiliter » souligne l’adjointe qui souhaite s’appuyer sur ce constat pour développer d’autres dispositifs comme la colocation, l’habitat partagé ou le bail réel solidaire qui figurait dans le programme de campagne de la majorité (un programme qui dissocie le foncier du bâti pour faire baisser le prix des logements).

D’ici 2026, il faudra enfin répondre à des enjeux conséquents comme l’adaptation des logements au vieillissement et au handicap mais aussi le manque de disponibilité de petites surfaces. Pour en savoir plus, allez lire notre interview grand format de Marie Quinton sur 37 degrés.