Tours

[Elles l'ouvrent] "On ne fait pas que changer les couches et donner à manger"

Les professionnelles de la petite enfance manifestaient à Tours ce mardi.

[Elles l'ouvrent] c'est la rubrique d'Info Tours pour donner la parole à des actrices ou acteurs d'Indre-et-Loire qui veulent faire entendre leurs revendications.

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On comptait 10 crèches fermées ce mardi dans la ville de Tours et plusieurs établissements perturbés dans le département. La conséquence : une journée de mobilisation nationale dans le secteur de la petite enfance. En milieu de matinée, une grosse centaine d’éducatrices, responsables de crèches, auxiliaires de puériculture se réunissaient pour défendre les conditions de travail dans les crèches, à l’appel du collectif “Pas de bébé à la consigne”.

Un cortège qui défilait contre un projet de loi déposé par le secrétaire d’Etat Adrien Taquet ouvrant à une dégradation des conditions de travail. Co-gérante de crèche et adhérente au Fédération Nationale des Educateurs de Jeunes Enfants, Emilie déplore “la prise en charge de 6 enfants pour un adulte, contre 5 auparavant, et une réduction de l’espace accordé par enfant, qui passe de 7 m2 à 5,5 m2”. Un projet de loi allant à l’encontre des conclusions du rapport dit des “1 000 jours” de Boris Cyrulnik, décrivant les besoins d’un enfant de sa gestation a 2 ans.

Les personnels s'inquiètent également des recrutements à venir, les exigences de personnels diplômés passant de 70% à 40% des effectifs.

Des mesures vues comme délétères pour le bien-être des enfants, en particulier sur le rythme de travail, ne donnant pas le temps nécessaire pour éduquer et construire psychologiquement l’enfant, et réduisant le travail uniquement à ses aspects mécaniques. “On ne fait pas que changer les couches et donner à manger, on éduque, on suit l’enfant, on surveille son développement, on lui apprend à devenir autonome” témoigne Gaëlle, éducatrice en crèche.

Les professionnels redoutent donc un accueil très dégradé, alors que le secrétaire d’Etat Adrien Taquet promet de son côté une amélioration de l’accueil « plus de sécurité, plus de confort, plus de découverte aussi. En un mot, plus de qualité dans l’accueil ». Citons notamment la vérification des antécédents judiciaires des personnels recrutés ou un standard de décibels maximum dans la crèche pour éviter que les enfants soient perturbés par le bruit.

Pas de quoi convaincre la profession qui ne demande donc pas de hausses de salaires (malgré des rémunérations modestes) ou de changements spécifiques liés à la crise sanitaire (même si nombre de professionnelles présentes déplorait que le masque empêche aux tous petits de lire les expressions du visage nécessaires à leur construction). Non, toutes les attentes des professionneles présentes étaient centrées vers une amélioration de la qualité d’accueil pour les enfants, et des conditions de travail pour les adultes, aux cris de “de l’accueil, pas la garderie pour nos petits”.

Pascal Montagne