Tours

Salaires, manque d’effectifs, crise sanitaire : les raisons de la colère des profs à Tours

Plus de 600 personnes mobilisées ce mardi.

Une journée de mobilisation nationale du monde enseignant ce 26 janvier, avec 5 syndicats qui appelaient à la grève dans le primaire et le secondaire. A Tours on a manifesté dès 10h de la Place Anatole France à la préfecture, le cortège réunissant entre 600 et 700 personnes dont une partie d’étudiants venus en renfort.

Prof d’informatique, adhérent CGT, Yann est avant tout venu parler des rémunérations : « Cela fait 30 ans qu’on perd du pouvoir d’achat » déplore l’enseignant de 33 ans. « Il y a les salaires mais aussi le manque de moyens et les suppressions de postes » ajoute la co-secrétaire départementale du SNES-FSU. Employée en tant qu’assistante d’éducation, Emilie déplore pour sa part un rôle « pas reconnu par l’Education Nationale. Notre salaire de 760€ pour 24h par semaine est indécent et nous avons peu de formations par rapport au handicap des enfants que l’on accompagne. »

En plus de ces revendications portées de longue date par une partie du corps enseignant s’ajoutent ce que les syndicats identifient comme des dysfonctionnements supplémentaires liés à la crise du coronavirus : « Parfois c’est impossible de respecter les gestes barrières et on ne peut pas envisager le télétravail. » « Dans mon lycée on fait cours la fenêtre ouverte pour éviter les contaminations mais dans certains endroits ce n’est même pas possible » nous dit-on par exemple. Rappelons que les lycéens continuent de faire une partie de leurs cours à distance (le retour en présentiel à 100% programmé le 20 janvier a été remis à plus tard).

Une autre voix dans la foule : « Il y a une improvisation totale du gouvernement. On teste les enseignants depuis quelques semaines alors qu’on le demande depuis septembre et on sollicite les infirmières scolaires pour le faire alors qu’elles devraient s’occuper des élèves ! » Des infirmières qui étaient également appelées à descendre dans la rue ce mardi.

A se demander maintenant quel sera l’avenir pour les écoles, collèges et lycées. Le ministre de l’éducation a assuré qu’il ne souhaitait pas fermer les écoles en cas de reconfinement ni allonger les prochaines vacances scolaires. Aura-t-il le dernier mot ? On le saura probablement d’ici une semaine.

Pascal Montagne