Tours

[Elle l’ouvre] TOURS : Privée de cours, une prof de pole dance et yoga en grève de la faim

Elle s’attache également tous les soirs en direct sur Facebook.

En annonçant un couvre-feu anti-Covid dès 18h sur tout le territoire, le gouvernement a bloqué une partie des possibilités qui s’offraient encore à nous quand on avait envie et besoin de s’aérer l’esprit. La mesure est par ailleurs synonyme d’interdiction des activités scolaires et extrascolaires en intérieur. Moins de possibilités d’activités pour les enfants… Et déjà le grand vide pour les adultes. Finis les entraînements de judo, les cours de théâtre mais aussi le yoga ou la pole dance. Deux disciplines exercées par Aurore Flaugere via l’association Pole Dance Tours qu’elle a créée il y a un an et demi dans le cadre d’une reconversion. Aujourd’hui la structure revendique 150 adhésions.

Bloquée par le confinement, la prof s’est tournée vers les séances visio, mais « ce n’est pas la meilleure chose » :

« Pour la pole dance on doit se limiter à évoluer au sol ou à faire des tractions. On ne peut pas demander à nos adhérents de se mettre la tête à l’envers à la maison car le risque de blessure est trop important. » Et pour le yoga, « seuls 10% des pratiquants se sentent capables d’évoluer de manière autonome. Il faut au moins 4 ou 5 ans pour y parvenir. »

La jeune femme se trouve aujourd’hui dans une situation périlleuse avec les loyers du local associatif gelés mais qu’il faudra bien payer un jour, des cotisations qui n’arrivent plus et un système d’aide opaque. Elle se dit à bout et vient d’entamer une grève de la faim combinée à des performances vidéo quotidiennes sur les réseaux sociaux. On la voit attachée à sa barre de pole dance aux horaires habituels de ses cours, entre 18h et 22h :

« Depuis le début de la crise le sport n’est presque jamais cité dans les déclarations gouvernementales. On comprend que la situation est délicate mais en face de moi j’ai des élèves en larmes, d’autres qui ne pratiquent pas ou mal chez eux et qui se retrouvent avec des douleurs musculaires ou articulaires. Pour beaucoup c’est un monde qui est en train de s’éteindre. »

Par cette double mobilisation, Aurore Flaugere espère attirer l’attention sur les difficultés de sa discipline mais aussi d’autres sports comme le parkour ou l’escalade. Ancienne bibliothécaire, elle vit uniquement sur ses économies « qui diminuent au fil des semaines » :

« Je voudrais faire réagir les élus, que l’on se pose des questions sur les façons de maintenir les pratiques sportives dans des conditions sanitaires strictes (à petite dose ou avec des effectifs réduits). Il faut relancer la machine de la réflexion. »

E projet revendicatif baptisé « Be free or not to be » est à suivre sur Facebook chaque soir pendant au moins deux semaines. Aurore Flaugere a également lancé une cagnotte de soutien sur le site HelloAsso et diffuse chaque midi des séances de yoga« pour ne pas seulement proposer une vision noire de la situation. » L'interview complète d'Aurore Flaugereest à lire sur 37°.

Olivier Collet