Tours

[Le saviez-vous ?] Cette époque où le loup dévorait femmes et enfants en Touraine

Elle est racontée dans un livre.

Nous sommes à la fin du XVIIe siècle, autrement dit les années 1600. Et à ce moment-là en Indre-et-Loire il y a des loups… dont un ou des individus féroces qui s’attaquent aux humains : « La Touraine était une terre à loups avec ses massifs forestiers et ses landes, comme d’ailleurs le Berry » lit-on dans Bestiaire de Touraine, un ouvrage de Jean-Mary Couderc récemment publié par la maison d’édition tourangelle Sutton.

Dès les premières pages du livre, le géographe se penche sur le loup, « terreur de nos campagnes », que l’on craint toujours de voir revenir – surtout les éleveurs. Des signalements émaillent souvent l’actualité (en Eure-et-Loir ou en Loir-et-Cher, par exemple). Alors qu’aujourd’hui il est hautement improbable de tomber sur un tel animal, c’était donc moins rare à l’époque de Louis XIV et jusqu’au XIXe siècle. Jean-Mary Couderc rappelle d’ailleurs qu’on trouve des loups empaillés aux châteaux de Montrésor ainsi que Montpoupon.

Mais le sujet sur lequel l’auteur se penche en particulier, c’est donc le massacre de ce qu’on appelait La Bête de Benais en 1693-1694, celle qui a fait de nombreuses victimes, en particulier des femmes et des enfants. Il liste les différents crimes, Ça s’est passé à Continvoir, Restigné, Langeais… Liste glaçante avec forces détails. Et des histoires marquantes de ce genre, on en trouve beaucoup d’autres sur plus de 200 pages.

En fait, le maître de conférences à l’Université de Tours nous raconte l’histoire des animaux dans le département sur le plan anthropologique ou via des anecdotes. Il est question des cigales que l’on entend parfois chanter dans le département (et il explique pourquoi, combien d’espèces on peut croise), des araignées qui font leurs toiles sur les murs des maisons (jusqu’à 2 500 pour une habitation de trois étages) ou encore détaille comment le saumon a disparu de nos cours d’eau au fil des années.

Ce livre est passionnant, riche en précisions historiques et géographiques. On y parle de léopards, de phoques, de cigognes noires, d’un chat qui sent un séisme arriver… Jean-Mary Couderc évoque également l’éléphant de cirque Fritz naturalisé à Tours, le phoque Bobby du Botanique, les fossiles, la présence de moules réputées pour les perles ou encore la présence de la lote avec un seul t, à ne pas confondre avec la lotte à deux t qu’on achète chez le poissonnier.

Le bouquin s’achève par des recettes de cuisine traditionnelles ou une liste de noms bien tourangeaux donnés à certains animaux (la chavoche pour la chouette, par exemple). Achetez-le, vous allez apprendre plein de choses !

Bestiaire de Touraine de Jean-Mary Couderc, 20€ aux éditions Sutton.