Tours

1 464 vélos financés : le bilan de l’aide spéciale de la ville de Tours

Elle a duré deux mois et demi.

C’était une opportunité à saisir du 12 octobre au 31 décembre : pour tout achat d’un vélo neuf ou d’occasion gravé pour lutter contre le vol, la ville de Tours remboursait jusqu’à 50% de la facture de la limite de 300 ou 400€ selon le modèle. Une subvention sous conditions (habiter à Tours, ne pas acheter son vélo sur Internet…) dans le but d’encourager cette pratique, au détriment de la voiture individuelle.

La municipalité dirigée par le maire écologiste Emmanuel Denis imaginait dépenser maximum 50 000€ pour ce projet… Elle va finalement mettre sur la table une somme 6 fois supérieure (318 582€).

Au total, 1 464 foyers se sont équipés d’un vélo en deux mois et demi. 67% des personnes concernées résident à Tours-Centre, 28,5% à Tours-Nord et seulement 4,5% à Tours-Sud : « Nous sommes agréablement surpris du succès de l’opération à Tours-Nord car ce taux correspond à la proportion des habitants de la ville qui habitent sur ces quartiers » explique l’élue en charge des questions de transport, Armelle Gallot-Lavallée. En revanche elle n’explique pas pourquoi l’offre a été complètement boudée à Tours-Sud où vit 11% de la population tourangelle.

20% de vélos électriques financés

Autre enseignement : 57% des vélos ont été achetés dans des commerces indépendants (le reste dans de grandes enseignes) : « ça veut dire de l’argent injecté dans le commerce local » se félicite-t-on à la mairie.

Dans le détail, ce sont surtout des vélos neufs qui ont été acquis (11,5% machines d’occasion), pour un remboursement moyen de 193€ par foyer (hors vélos électriques où c’était systématiquement 400€. Pour quels types de biclou ? Réponse : 1 357 vélos classiques, 78 modèles pliants, 25 cargos pour transport des enfants ou des charges lourdes, 1 vélo adapté pour une personne en situation de handicap. Les vélos à assistance électrique représentent 20% des achats : « On craignait que les gens profitent de l’aide pour acheter un vélo surclassé par rapport à leurs besoins mais ce n’est pas le cas » analyse Armelle Gallot-Lavallée qui assure aussi que le nombre d’achats de vélos cargos est plus nombreux que les attentes… et que ce type de commandes se poursuit en ce début 2021, même après la fin de l’aide.

Encourager l’usage du vélo pour le travail

Car aujourd’hui il n’est plus possible de bénéficier du soutien de la mairie si on achète un vélo, « mais on va sûrement recommencer dans le mandat » assure le maire Emmanuel Denis. Il assume vouloir créer cet effet d’aubaine pour actionner un levier, bénéficier de la communication que suscite les opérations exceptionnelles. Il table aussi sur une transformation de l’aide municipale en aide métropolitaine. Cela n’aura pas lieu en 2021 mais peut-être plus tard… En attendant seule la commune de Fondettes a aussi lancé un tel dispositif dans l’agglo, « et ça marche très bien aussi. »

Afin de vérifier l’efficacité de la mesure, la ville de Tours compte recontacter les bénéficiaires dans quelques mois : « Notre objectif c’est d’en faire des vélotafeurs, pas que les vélos servent juste pour la balade. »