Tours

[Il l’ouvre] Vidéo-verbalisation à Tours : « C’est du temps en moins contre la délinquance »

L’opposition réagit à la nouvelle mesure de la mairie.

Et voici le premier grand débat politique tourangeau du début de l’année 2021 : dès le 18 janvier, la ville de Tours aura la possibilité de verbaliser à distance les voitures mal garées sur des trottoirs, des places dédiées aux personnes à mobilité réduite ou encore des accès pompiers. Ça se fera depuis son Centre de Supervision Urbain situé près du Château : les agents pourront surveiller une trentaine de zones du centre-ville (Les Halle,s la gare, Colbert...) via les caméras de surveillance déjà installées, et envoyer un PV pour des véhicules stationnant trop longtemps à un endroit non prévu pour ça (la mairie indique qu’il y aura une tolérance de 5 minutes). Tarif de l’amende : 135€ (à noter que la grande majorité de la somme va à l’Etat, la ville et l’agglo n’en récupèrent qu’une petite partie).

Cette annonce déplait particulièrement à l’ancien adjoint au maire chargé de la sécurité, Olivier Lebreton. Il a quitté son poste après la défaite aux élections municipales de 2020 mais reste dans l’opposition au conseil municipal. Selon l’élu, « après la fermeture du Pont Wilson aux voitures sans concertation et après le refus de la gratuite du stationnement pendant le deuxième confinement c’est la guerre qui continue. Emmanuel Denis a désigné son ennemi : c’est la voiture. »

Si Olivier Lebreton reconnait qu’il est « légitime » de verbaliser des véhicules en infraction, « la police municipale le faisait déjà. Quand ils identifiaient ces situations, ils pouvaient échanger avec les personnes concernées, notamment sur les marchés. Là, on déshumanise le travail. Les agents resteront derrière leur caméra. Le résultat c’est que les gens ne viendront plus à Tours car ils auront peur de la contravention. Ils iront à La Petite Arche ou Ma Petite Madelaine » De son côté la mairie de Tours explique qu’il y avait beaucoup de signalements pour voitures mal garées (plus de 7 000 en 2020) mais au final peu de contraventions, sans donner le chiffre.

Avec cette mesure, le membre du groupe Tours Nous Rassemble craint également que la police municipale passe désormais plus de temps à cette nouvelle tâche qu’à repérer des actes de délinquance :

« Les services de la ville en parlaient mais vous avons toujours refusé la vidéo-verbalisation car la priorité c’était de se concentrer sur les crimes et les délits en flagrant délit ou encore prévenir les agressions ce dont le procureur se félicitait. Là il y a un dévoiement total de la vidéo-protection, c’est du temps en moins contre la délinquance. La priorité devient la chasse à ceux qui se garent mal, la nôtre c’était de lutter contre les agressions. Je crains maintenant la reprise des rodéos et des trafics. »

Rappelons néanmoins que en cas de plainte la police nationale et la justice peuvent toujours réclamer des images issues des caméras de la ville de Tours. La municipalité indique de son côté que ses agents n’auront pas pour seule tâche de surveiller le stationnement gênant, ce sera une mission parmi d’autres.

De son côté, une de nos lectrices observe : « À quand la même chose pour les poubelles qui stationnent sur les trottoirs et sont gênantes pour les piétons ? Au niveau propreté en ces temps d'épidémies cela semblerait bienvenu ! »