Tours

Stationnement gênant à Tours : la vidéo-verbalisation commence le 18 janvier

Dans trois secteurs du centre-ville.

C’est une information que nous vous avions dévoilée en avant-première sur Info Tours : la ville de Tours va mettre en place un système de vidéo-verbalisation pour sanctionner le stationnement gênant. C’est-à-dire qu’en plus des agents ASVP et des équipes de la police municipale en patrouille dans les rues, il sera possible d’envoyer un PV à distance depuis le Centre de Supervision Urbain, ce site installé près du Château de Tours qui centralise les images des 130 caméras de surveillance de la commune. Une dizaine de personnes y travaillent 7 jours sur 7 et 24h/24.

Autorisée par la loi depuis 2008, déjà en place dans plusieurs villes comme Chartres pour notre région, cette mesure vise à décharger les agents de terrain d’une tâche « qui n’est pas la meilleure occupation du monde » mais surtout « d‘être plus efficace » comme l’explique l’adjoint au maire en charge de la tranquilité publique, Philippe Geiger. Pour l’instant, peu de véhicules sont verbalisés parce qu’ils se garent sur un accès dédié aux pompiers, une place pour personnes à mobilité réduite ou un trottoir. Selon la ville, les agents qui contrôlent le stationnement payant ont effectué 2 800 signalements en 2018, 6 574 en 2019 et 7 023 en 2020... Mais au final très peu ont donné lieu à des contraventions. Et beaucoup d’autres n’ont même pas été repérés.

« La procédure est balisée » insiste Philippe Geiger. C’est-à-dire que la procédure n’est pas automatique : il y a toujours une intervention humaine avant l’édition du procès verbal. De plus, la municipalité affirme qu’il n’est pas question de verbaliser une voiture qui se gare juste le temps d’acheter une baguette de pain, déposer une personne ou récupérer un objet lourd. « La règle c’est de sanctionner au-delà de 5 minutes et on laisse un niveau d’appréciation à l’agent »explique l’élu. L’idée c’est avant tout de décourager les arrêts de longue durée, par exemple des personnes qui se garent en dehors des places pour échapper aux parcmètres. Des concertations sont annoncées avec les commerçants des halles ou les professionnels de santé afin de leur expliquer la philosophie du projet.

Elue en charge des questions de circulation, Armelle Gallot-Lavallée complète :

« Nous voulons une ville apaisée, encourager les véhicules à utiliser les 3 600 places de stationnement payant ou les parkings souterrains qui sont sous-utilisés, en dehors de celui des Halles. C’est aussi une mesure pour protéger les plus fragiles. »

Constat partagé par Pascal Brun, en charge de la politique d’accessibilité :

« Il faut se mettre à la place des personnes en fauteuil roulant ou des non-voyants avec leur canne. C’est inacceptable d’entraver les déplacements des personnes à mobilité réduite avec son véhicule. Il faut prendre conscience que l’espace public doit être partagé et libre d’accès. »

Cette mesure - pas forcément très populaire - sera mise en place à partir de lundi 18 janvier, à toute heure du jour et de la nuit. Tout écart risque de vous coûter 135€ (une somme qui revient en grande majorité à l’Etat, la ville de Tours et Tours Métropole en récupèrent néanmoins une petite partie dans un délai de deux ans). Ce n’est pas l’ensemble du territoire municipal qui est concerné, seulement trois zones de l’hypercentre : le Vieux-Tours, le quartier Colbert et le secteur gare / Jean Jaurès / Rue de Bordeaux. 22 panneaux ont été posés pour prévenir les passants.

Voici les rues concernées :

Secteur gare

Secteur Colbert

Secteur Vieux-Tours et Halles

Couvert par 28 caméras, le choix de ce périmètre n’a pas été déterminé au hasard : « C’est là que l’on remarque le plus de stationnements gênants. Tous les jours je vois des voitures qui n’ont rien à faire sur les places PMR de la Rue de Châteauneuf » déplore l’adjoint chargé des questions de sécurité. A l’été la mairie fera un bilan sur l’efficacité de cette vidéo-verbalisation, pour déterminer un éventuel agrandissement de la zone concernée.