Tours

Droit d'interpellation des élus à Tours : "Un simulacre de démocratie" pour l'opposition

Le nouveau dispositif de questions des habitants fait débat.

C’est une nouvelle disposition qui fait la fierté de la majorité municipale d’Emmanuel Denis. Depuis ce mercredi 16 décembre, chaque conseil municipal verra des habitants intervenir en séance pour poser des questions aux élus, ou plus précisément à la majorité EELV-PS-Insoumis-PCF.

La nuance est importante pour les deux groupes d’opposition « Tours Nous Rassemble » de Christophe Bouchet et « Les Progressistes » de Benoist Pierre qui dénoncent un "simulacre de démocratie" avec ce dispositif, pas à la hauteur selon eux des promesses faites par Emmanuel Denis de promouvoir plus de démocratie directe.

Concrètement, chaque habitant peut poser des questions en les envoyant préalablement (un délai de 15 jours est demandé). Parmi celles-ci une commission d’élus (à laquelle les groupes d’opposition ont refusé pour le moment de participer en dénonçant le procédé) sélectionne trois questions qui sont posées au sein du conseil par les habitants. Le maire de Tours s’engageant par ailleurs à répondre à toutes les autres et à rendre public ses réponses.

Relire notre article : On vous explique comment poser une question au conseil municipal de Tours

Pour la première de ce dispositif, ce sont 29 questions qui ont été envoyées et 3 retenues pour être posées directement de vive voix en séance : trois questions sur la sécurité à la Rotonde, le tri des déchets verts et sur le vélo en ville qui ont été choisis.

« Je vis dans le quartier de la Rotonde depuis 18 ans et depuis 3 ans depuis la fermeture de la station Total c’est devenu infernal avec une bande présente du matin au soir, dealant et créant de l’insécurité »s’est alarmée une habitante invitée à poser sa question aux élus.

De quoi permettre à l’adjoint à la tranquillité publique Philippe Geiger de répondre sur la prise au sérieux du problème, d’évoquer des patrouilles policières permettant d’agir, avec le risque néanmoins de déplacer le problème, ou encore du travail de médiation entamé avec la préfecture…

Deuxième question sur le tri des déchets verts et l’absence de collecte de ce type de déchets en porte-à-porte : « Je suis pour qu’on étudie la mise en place pour l’an prochain. On va faire un test à partir du printemps sur deux secteurs : Sainte Radegonde et Beaujardin soit 20 000 logements et un objectif de 5 à 6 tonnes de déchets verts ramassés par semaine qui seront valorisés » répond Martin Cohen pour la ville.   

Pas de quoi convaincre les élus d’opposition qui évoquent « de la com » (Olivier Lebreton) ou encore « une vérité assénée » (Benoist Pierre). Du côté des Progressistes, la colère était même grande, le groupe d’opposition ayant eux-mêmes des questions d’habitants à formuler, mais renvoyées en fin de séance. D’une manière générale, c’est l’absence de débat possible autour de ces questions qui agace l’opposition, sans lequel « on ne peut pas appeler cela de la démocratie » pour Benoist Pierre.