Tours

[Sans filtre] « La vente à emporter c’est seulement 5 à 10% de notre chiffre d’affaire »

Les restaurateurs d’Indre-et-Loire sont à la peine.

[Sans filtre] est une rubrique d’Info Tours pour recueillir l’avis tranché d’une personnalité locale sur un sujet qui fait la Une de l’actualité.

 --------------

Les restaurants d’Indre-et-Loire ne rouvriront pas avant le 20 janvier 2021. La crise du coronavirus prive ces établissements de leur clientèle, les autorisant seulement à réaliser de la vente à emporter. Le gouvernement mobilise des aides (chômage partiel pris en charge à 100%, compensation des pertes de chiffre d’affaire) mais la profession réclame surtout le droit de reprendre le travail : « Nous estimons que 20% des entreprises vont fermer en 2021 quand il faudra payer les charges et commencer à rembourser les prêts garantis par l’Etat » redoute Paul-Henri Delmas, l’un des responsables du syndicat UMIH d’Indre-et-Loire qui représente les restaurateurs mais aussi les cafetiers, les hôteliers et les responsables de boîtes de nuit.

« Ça va être très compliqué. Demain je crains des faillites ou des suicides » s’alarme celui qui tient Le Temps des Rois sur une Place Plumereau désespérément vide depuis fin octobre après avoir déjà dû ranger tables et chaises pendant un trimestre au printemps.

L'appel à un élan de solidarité des Tourangeaux

Pour aider la profession à faire face, l’UMIH 37 (qui compte 600 adhérents) et la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Indre-et-Loire ont créé une cellule psychologique téléphonique, avec des spécialistes à l’écoute des entrepreneurs comme de leurs familles : « Nous avons surtout des appels des proches qui tirent la sonnette d’alarme. Certains patrons ne se paient pas depuis six mois » relate Paul-Henri Delmas. Et ce ne sont pas le marché de Noël spécial restaurateurs de Tours dès le 21 décembre ou la vente à emporter qui suffiront à rebooster un secteur dans la morosité. Les menus à ramener à la maison ou à commander pour les fêtes ont beau s’étaler sur les réseaux sociaux – y compris de la part des tables gastronomiques – « ça ne représente que 5 à 10% de notre chiffre d’affaire » rétorque le responsable syndical qui appelle néanmoins à « un élan de solidarité des Tourangeaux pour venir au moins une fois ou deux commander dans un restaurant local pendant le confinement ».

« C’est très dur, les restaurateurs sont plus dans la survie qu’autre chose » nous dit encore Paul-Henri Delmas qui craint également une réouverture « dans de mauvaises conditions » le jour où le gouvernement desserrera la vis (autrement dit avec un protocole sanitaire très strict qui empêcherait de faire salle comble et de relancer la machine à bénéfice). Et encore, on ne parle là que des restaurants : « Les bars et surtout les discothèques n’ont aucune date de réouverture prévisionnelle… »

 Image d'illustration