Tours

[C’est quoi le problème ?] Tours : on vous explique la polémique sur le marché de Noël des restaurateurs

Le syndicat UMIH répond aux critiques.

[C’est quoi le problème ?] est une rubrique d’Info Tours qui vous permet de mieux comprendre un sujet qui fait débat en Touraine, généralement après des publications sur les réseaux sociaux.

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Mercredi après-midi, la ville de Tours a confirmé une rumeur qui circulait depuis quelques jours : du 21 au 31 décembre, elle va autoriser des restaurateurs à s’installer dans les 37 chalets du Marché de Noël installés Place Châteauneuf, Boulevard Heurteloup, Place de la Résistance et Place Anatole France. Un bail de 10 jours pendant les fêtes de fin d’année dans le but d’aider une profession en souffrance à cause de la fermeture prolongée des établissements (aucune réouverture envisagée avant le 20 janvier pour limiter les risques de contaminations au nouveau coronavirus).

Déjà en place ailleurs en France, notamment à Orléans, ce dispositif permet aux chefs de vendre des plats à emporter aux passants de 10h à 19h. Cela offre une vitrine supplémentaire, la possibilité de capter un public de passage qui n’aurait pas connaissance de leurs formules de Click & Collect.

Ce qui semble être une bonne idée a rapidement tourné au vinaigre sur Facebook… Installée Place Michelet, la restauratrice Léa Fontaine – présidente de l’association de commerçants du quartier – s’étonne de plusieurs choses :

« C’est une idée intéressante mais elle arrive un peu tard. Par ailleurs 10 jours ce n’est pas assez. »

La responsable du P’tit Mich’ s’interroge également sur la présence de restaurateurs sur les marchés de Noël déjà en place les vendredis, samedis et dimanches (Les Gens Heureux ou La Réserve sont en effet sur place, mais ne vendent que des bières, saucissons, foie gras, macarons ou pains. Pas de plats chauds ou de menu entrée-plat-dessert). Ce qui l’embête aussi, c’est un mail reçu de la part du syndicat UMIH indiquant que les places dans les chalets iront « en priorité » aux adhérents (dont elle ne fait pas partie). Pour elle, « pas question de payer un passe-droit pour avoir accès au domaine public. Il n’y a pas d’équité, je crains les magouilles et le copinage. »

Le message en question se diffuse rapidement, relayé par des personnalités politiques de l’opposition municipale (l’élu Olivier Lebreton ou le responsable Les Républicains de Tours Jérome Tebaldi qui écrit « je trouve totalement injuste cette mise à l’écart arbitraire et totalement discriminatoire » sur son mur Facebook).

Qu’en est-il vraiment ?

Au standard de l’UMIH37, on n’est pas très surpris de notre appel pour ce « sujet chaud ». Le post Facebook a manifestement bien tourné… C’est Paul-Henri Delmas du Temps des Rois qui répond à nos questions… d’abord pour se réjouir de l’initiative : « En tant que restaurateurs, on prend tout ce qu’on peut en ce moment. » Aux questions sur les conditions d’occupation des chalets, il indique que la mise à disposition sera gratuite (pas de loyer, pas de facture d’électricité). La seule contrepartie sera le paiement d’une partie des frais de gardiennage nocturne (125€ pour 10 jours et par exposant selon nos informations). Les enseignes présentes auront le choix entre installer une petite cuisine sur place ou vendre des plats préparés en amont.

24h après l’annonce officielle de l’ouverture de ce marché de Noël spécial restaurateurs, Paul-Henri Delmas recensait 25 candidatures. Celles-ci peuvent uniquement être déposées par des établissements de la ville de Tours, « des adhérents comme des non-adhérents. » On le relance et il insiste : « Bien sûr on souhaite le plus d’adhérents possible – nous en avons 600 dans le département – mais cette initiative est ouverte à tout le monde. Il n’y aura pas de priorité aux membres de l’UMIH, simplement un tirage au sort entre toutes les candidatures pour l’emplacement des chalets. »

Le mail qui a circulé… ce serait donc une maladresse. De plus, le représentant syndical précise que beaucoup de restaurants ne profiteront pas de l’offre car ils seraient obligés de recruter du personnel et donc d’engager des charges supplémentaires. Un équilibre compliqué en cette période… C’est aussi pour ça que Paul-Henri Delmas ne demande pas la prolongation de ce marché au-delà du 31 décembre, une requête également aperçue sur les réseaux sociaux.

Olivier Collet