Tours

A Tours, les cinémas Studio préparent leur réouverture

Si le gouvernement est d’accord.

Emmanuel Macron a fixé le cap fin novembre : il promettait une réouverture des théâtres et des cinémas au 15 décembre, pour peu que l’épidémie de coronavirus se calme. L’objectif était d’atteindre 5 000 nouveaux cas par jour au niveau national… Chiffre qui parait difficilement réaliste (c’est plutôt 2 à 3 fois plus en ce moment).

Alors va-t-on pouvoir retourner dans les salles obscures avant Noël ? Le 1er ministre doit s’exprimer sur le sujet ce jeudi. Dans tous les cas, les cinémas Studio de Tours se préparent : « On est en ligne pour rouvrir » explique la présidente du premier complexe art et essai de France basé Rue des Ursulines, près de la cathédrale et du Conservatoire. Les consignes sanitaires sont connues et prêtes à être appliquées : sens de circulation, masque obligatoire à l’accueil et pendant le film, siège d’écart entre deux spectateurs ou deux groupes de spectateurs, pas de groupe de plus de 6 personnes…

Parmi les films à l’affiche en cette fin d’année : Adieu les cons

« Globalement ça se régule bien, nous avons un public accroc qui a envie de revenir au cinéma » détaille Catherine Melet. Lors du 1er déconfinement, les Studio avaient ainsi réalisé le meilleur redémarrage d’un multiplexe dans la région Centre-Val de Loire et ils s’étaient hissé dans le top 20 national. Une prouesse. La fréquentation du week-end juste avant le reconfinement était également proche des standards.

Cela dit, 2020 est une année compliquée pour tout le secteur du cinéma… Habituellement les Studio diffusent plus de 500 films et ils ont édité 350 000 billets en 2019 (une année record). Pour 2020, le nombre d’œuvres projetées dépassera à peine les 300 et l’affluence n’excédera pas 150 000 entrées. « On a fonctionné à perte tout l’été » explique la présidente. Cela pourrait être pareil si la réouverture se confirme en cette fin d’année : le gouvernement envisage un couvre-feu à 21h, donc pas de projection après 19h pour pouvoir rentrer à la maison à temps. C’est pourtant après 20h que l’affluence est la plus importante.

Parmi les films à l’affiche en cette fin d’année : Garçon Chiffon

Pour compenser, les Studio programment des films à 11h, séance « qui marche plutôt bien », avec des retraités, des personnes sans emploi ou du public qui veut s’assurer de ne pas se trouver dans une salle bondée par peur des contaminations. Pendant les vacances, plusieurs films jeune public sont prévus à cette heure-ci.

Ce schéma ne vaut que si le gouvernement maintient son projet d’un couvre-feu à 21h. S’il est avancé à 19h ou 17h… Ce sera beaucoup plus compliqué. La direction des Studio n’y pense pas encore, se prépare selon les derniers protocoles connus et se projette : une avant-première de C’est toi que j’attendais sur l’adoption le 18 décembre, le festival LGBT Désir… Désirs toujours programmé à partir du 20 janvier puis le festival du film italien en mars et celui du film asiatique au printemps pour finir la saison avec La Nuit (blanche) des Studio en juin et La Nuit de l’Horreur en août. Les séances du dimanche, le soutien aux jeunes réalisateurs, les animations… vont également se multiplier pour ramener un maximum de monde dans les salles et casser l’hégémonie des plateformes type Netflix, Amazon ou Disney+.

Un espoir tout de même : les Studio comptent près de 20 000 abonnés… Beaucoup d’entre eux ont accepté de renouveler leur carte sans demander une prolongation de 3 mois. Plusieurs ont également fait des dons ou opté pour le tarif de soutien. Une aide précieuse pour l’association, en plus du chômage partiel pour 12 salariés sur 17 ou du soutien des pouvoirs publics.

Olivier Collet