Tours

[Ils l'ouvrent] A Tours, ils défendent leur droit de faire l'école à la maison

Alors que le Président de la République a annoncé une plus grande restriction.

Dans sa volonté de lutter contre les séparatismes, Emmanuel Macron a évoqué l’idée de restreindre fortement l’instruction en famille, c’est-à-dire l’école à la maison, pour les seules raisons « d’impératif de santé » dès la rentrée 2021. Un choix qui ne passe pas auprès des familles concernées.

Aujourd’hui, environ 70 000 enfants pratiquent l’école à la maison en France, dont quelques centaines en Indre-et-Loire. Les familles de ces derniers se sont rassemblées ce samedi 05 décembre place de la Victoire à Tours pour défendre leur choix.

Parmi la cinquantaine de familles présentes, Lola, mère d’un enfant de 4 ans et demi était sur la place. Cette dernière fait partie des familles à l’initiative du rassemblement. « L’instruction en famille est un droit en France » rappelle-t-elle, en faisant référence aux lois Ferry de 1882. « L’annonce d’Emmanuel Macron a été un coup de massue, à aucun moment je ne m’attendais à cela » se rappelle-t-elle tout en refusant d’être stigmatisée :

« La lutte contre les séparatismes est un faux argument, un prétexte, nous éduquons nos enfants dans les principes républicains. »

Pour la mère de famille, les arguments du Président de la République ne sont pas recevables. « Nous sommes contrôlés tous les ans par un inspecteur académique et tous les deux ans par la Mairie, il y a un suivi et nous répondons aux attendus de fins de cycles » explique-t-elle pour rejeter l’idée qui ferait des familles ayant fait le choix d’instruire leur enfant à la maison, des personnes rejetant l’institution scolaire. « Pour ma part, ce choix je l’ai fait par rapport aux questions de rythmes de l’enfant. » Et en ce qui concerne les arguments de sociabilisation ou d’apprentissage de vie en collectivité qui sont souvent pointés, là-encore Lola a ses arguments :

« On n’élève pas nos enfants dans une bulle, ils ont des activités extra-scolaires, moi je vais au relais assistants maternels (RAM) une fois par semaine également. Ils grandissent aussi avec d’autres enfants qui vont parfois à l’école. »

Ces familles tiennent donc à leur choix et veulent se faire entendre. Outre le rassemblement elles ont également écrit à plusieurs élus dont la députée Sabine Thillaye qui leur a publiquement apportée son soutien via une lettre cette semaine. La députée d’Indre-et-Loire, ancien membre de LREM, indique rejeter l’amalgame qui est fait et souligne que « les familles relevant de l’IEF ont été soumises, avec succès, à des contrôles plus importants, non dans l’objectif de lutte contre le séparatisme, mais dans celui de garantir un niveau minimum d’instruction dispensé à chaque enfant. Suite au renforcement des contrôles, les déviances constatées restent anecdotiques et n’établissent aucun lien avec le séparatisme islamiste. De plus, les moyens existent déjà pour mettre fin aux déviances constatées. »

MG