Tours

[A chaud] "Nous sommes les invisibles de la santé" : 250 personnes manifestent à Tours

Notamment pour réclamer des hausses de salaires.

Cet été le gouvernement a lancé le Ségur de la Santé, plusieurs semaines de discussions sur l'évolution des carrières dans les professions de santé. Un événement rendu nécessaire après la crise sanitaire, épisode qui a mis en avant le côté essentiel de nombreux métiers peu valorisés. A la suite des échanges 19 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés par le Ministère de la Santé. On pourrait penser que cette somme est bienvenue après 30 ans de sous financement des hôpitaux. Ce n'est pas le cas selon les personnels soignants, réunis ce jeudi 3 décembre devant la préfecture de Tours.

Sous la pluie, près de 250 soignants se sont rassemblés avant de partir défiler dans le centre-ville.

Objectif principal : obtenir des hausses de salaires, et en particulier les 183€ mensuels qui ont été accordés aux infirmières. 183€, c’est un manque mathématique pour Laurence, aide soignante qui travaille à Semblançay : à l’issue du Ségur, l’annonce gouvernementale lui laissait espérer une revalorisation substantielle sur son salaire de 1400€. Quand ses collègues aides soignantes à l’EHPAD de Semblançay ont perçu cette augmentation, cela n’a pas été son cas. Elles font pourtant partie de la même structure, le SSIAD de Semblançay, avec la même direction, avec les mêmes missions, les mêmes gestes.

La différence avec ses collègues de l’EHPAD ? Laurence se déplace à domicile pour s’occuper des patients handicapés. “Nous sommes les invisibles de la santé” constate-t-elle.

Pour les aides soignantes, infirmières, éducateurs... la revalorisation n’est évidemment pas le seul combat du jour. Toutes et tous pointent les manques ponctuels et systémiques. Exemple récent : la carence de masques au premier confinement... disponibles dans les hôpitaux dès les premiers jours de l’épidémie, les infirmières et aides soignantes ont dû faire appel aux dons pour pouvoir travailler. 

Des carences, de la pression, des surcharges de travail, ces problèmes ont une racine commune pour les soignants présents : la marchandisation de la santé, les établissements publics étant de plus en plus dirigés par des logiques économiques, on les incitent à faire plus, plus vite, au détriment de la qualité de prise en charge. Une logique qui n’est pas entendable pour des soignants qui ne mesurent pas leur succès par des performances économiques mais par le bien-être des patients.

Pascal Montagne