Tours

Les Restos du Coeur s’attendent à accueillir plus de monde

La 36e campagne d’hiver de l’association a débuté

Rue jacquemin à Tours, une longue file de personnes s’étire attendant patiemment leur tour aux restos du cœur. Près de 200 familles repartiront aujourd’hui avec de quoi faire 6 repas. Légumes, lait, eau, œufs, surgelés, boîtes de conserve, rien ne manque pour l’instant pour les bénéficiaires. Cependant on ressent une certaine inquiétude pour les mois qui viennent. Même s'il n’y a pas encore de croissance nette des bénéficiaires, les indices sont là : de nouveaux profils apparaissent.

Nelly, 75 ans, retraitée, 18 ans de bénévolat aux restos du cœur au compteur, a l'œil pour détecter les changements : « on ne peut plus dire que c’est que les gens nécessiteux qui viennent ici, il y a de plus en plus de monsieur tout le monde ». Elle n’est pas inquiète pour elle, mais pour les autres, et fait remarquer qu’il “ va certainement falloir réapprendre certaine valeurs d’économie, de consommation raisonnée, et j’espère de solidarité »

A ses côtés, Marie, 50 ans, fraîchement arrivée aux restos depuis moins d’un mois, distribue avec énergie des raisins, des citrons, des bananes tout en confiant son envie de se rendre utile à l’autre, de créer du lien social avec les bénéficiaires.

Thierry, le vice-président de l’association pour l’Indre et Loire, supervise d’un œil bienveillant la bonne distribution des denrées : plusieurs tonnes chaque jour. Thierry et son équipe ont déménagé récemment toute la distribution rue Jacquemin, pour permettre une distribution en limitant les risques de contamination.

Des changements nécessaires qui permettront d’après lui d’être prêts pour l’augmentation des bénéficiaires qui ne va pas manquer d’arriver cet hiver. Il voit arriver régulièrement de nouveaux venus : personnes licenciées récemment, intérimaires en manque de contrats, étudiants qui ne peuvent plus arrondir leur fins de mois dans un fast-food, serveurs en restauration, etc.

Un véritable challenge pour les Restos du Coeur qui s’attendent à toucher 9000 bénéficiaires cette année sur le département, soit une hausse de 20% par rapport à l’an dernier. Un véritable problème de société duquel les collectivités semblent prendre conscience également. A titre d’exemple, le Conseil Départemental a alloué des aides équivalentes à un montant de 142 000 euros à l’association (pour l’achat de 3 camions frigorifiques notamment) dans le cadre de son plan de lutte contre la pauvreté. A titre de comparaison, l’association avait touché 17 000 euros de subventions l’an passé de la part du Département. 

Pascal Montagne