Tours

Arrêts de bus à la demande, rues féminisées... Les pistes pour une ville de Tours plus féministe

La ville veut également lutter contre la précarité menstruelle.

Ce mercredi 25 novembre c’est la journée pour l’élimination des violences faites aux femmes. Les plaintes pour des agressions dans le cadre familial sont en forte hausse cette année (ce qui n’est pas sans lien avec les confinements) et on se souvient qu’en 2019 l’Indre-et-Loire a été durement endeuillée par 4 féminicides. Pour réclamer plus d’égalité, et une lutte acharnée contre tout cas de violence, une manifestation féministe débutera à 18h Place Jean Jaurès. Elle sera précédée d’un rassemblement en hommage à une chanteuse kurde en prison depuis 5 ans. Ce sera à 17h45 avec un discours de l’élue municipale en charge des droits des femmes et de la lutte contre les discriminations Marie-Pierre Cuvier.

C’est l’occasion de parler avec elle des premières actions de la ville dans ce domaine... Il faut rappeler que le maire écologiste Emmanuel Denis en avait fait un axe fort de son programme lors des élections du printemps.

Où en est-on ? Disons que pour l’instant les choses se mettent en route : « Ce n’est pas toujours très simple avec la crise sanitaire » explique la conseillère municipale de sensibilité communiste. Elle a néanmoins réuni plusieurs associations fin octobre et prépare d’autres rencontres dans les prochaines dans le but de présenter un plan complet autour du 8 mars 2021, la journée internationale des droits des femmes. Parmi les structures impliquées : Osez le Féminisme, Nous Toutes ou le Mouvement du Nid.

Revoir l’éclairage public pour sécuriser les déplacements

Quelles mesures pourraient en ressortir ? Il ne s’agit pas uniquement d’agir sur le spectre des violences faites aux femmes mais globalement de mener une politique à visée féministe. Marie-Pierre Cuvier évoque notamment sa volonté de féminiser les noms de rues car il n’y a que 3% d’axes routiers qui honorent une femme à Tours. Les personnalités choisies pourraient être de renommée nationale mais aussi locale comme Thérèse Planiol qui a déjà un lycée à son nom à Loches. Les habitantes et habitants seraient également invités à proposer leurs idées.

Autre enjeu : la sécurisation de l’espace public pour que les femmes s’y sentent à l’aise et dissuader les agressions... Une réflexion est en cours sur l’éclairage public et la ville souhaite amplifier le dispositif Angela, initiative issue d’une association qui permet à des victimes de se réfugier dans un bar en demandant à parler à Angela. Le personnel comprend alors tout de suite qu’il y a un problème et qu’il faut l’aider. 3e option : proposer l’arrêt à la demande le soir dans les bus du réseau Fil Bleu. C’est-à-dire autoriser la descente entre deux stations pour se faire déposer près de chez soi. L’élue reconnait que ce n’est pas facile à mettre en place et qu’il faudra en discuter avec l’entreprise qui gère les transports mais elle est favorable à l’idée.

Bientôt des bracelets anti rapprochement pour les auteurs de violences en Touraine

Marie-Pierre Cuvier vient par ailleurs de lancer un audit dans les services de la ville de Tours afin de gommer toute forme de représentations sexistes ou genrées dans le fonctionnement de la commune. Elle s’alarme aussi que les prises de paroles des conseils municipaux soient quasi exclusivement assurées par des hommes alors que l’assemblée est paritaire. « Cela prendra du temps pour changer les choses mais il y a un travail pédagogique à faire » réclame la responsable politique.

Ajoutons que la ville de Tours veut relancer des actions contre la précarité menstruelle. La précédente municipalité avait déposé des boîtes pour des dons de protections hygiéniques dans plusieurs lieux publics comme la mairie centrale. Marie-Piere Cuvier souhaite recommencer.

Le Conseil Départemental d’Indre-et-Loire fait également des annonces à l’occasion de cette journée du 25 novembre : il finance 5 tablettes numériques pour que l’association France Victimes puisse réaliser des entretiens visio avec des victimes reçues dans différentes gendarmeries tourangelles. Amboise, Château-Renault, Loches, Tours et Chinon sont concernées. De son côté, après la mise en place de téléphones grave danger qui permettent aux viictimes d’alerter rapidement les forces de l’ordre si leur agresseur les approche, la justice tourangelle va expérimenter les bracelets anti rapprochement. Ils sont portés par les auteurs de violences et donnent l’alerte s’ils s’approchent des victimes alors qu’ils en ont l’interdiction.

Olivier Collet