Tours

L’Indre-et-Loire va tester les urgences de demain en avant-première

Un choix du gouvernement.

En 2019, le CHU de Tours a accueilli plus de 103 000 personnes aux urgences. Un chiffre élevé pour un département de 600 000 habitants d’autant qu’il faut y ajouter les urgences des autres établissements hospitaliers du département, qu’ils soient publics ou privés (Chinon ou Saint-Cyr-sur-Loire, par exemple).

Ce qu’on dit souvent sur les urgences c’est qu’on y attend longtemps et que certaines personnes auraient pu éviter d’y aller, leur état de santé n’étant pas si grave que ça. Cela dit, il faut aussi rappeler qu’il y a souvent du monde qui se rend aux urgences faute d’avoir un médecin traitant, par exemple. Alors comment désengorger les hôpitaux sans rendre l’accès aux soins plus complexe ? C’est toute la mission du gouvernement qui imagine un nouveau programme baptisé SAS, à tester dans 22 départements avant une éventuelle généralisation partout en France.

SAS ça signifie Service d’Accès aux Soins... C’est un dispositif qui a germé lors du Ségur de la santé organisé cet été en réponse à la crise du coronavirus et qui doit entrer en vigueur dès janvier 2021 pour 3 mois. Un bilan permettra ensuite de voir si l’idée est pertinente et quelles améliorations elle peut nécessiter.

Dans son communiqué pour présenter le projet, le ministère de la santé indique que le SAS sera joignable 24h/24 mais ce n’est pas le standard des pompiers ou du SAMU.

« Le SAS permettra à toute personne ayant un besoin de santé urgent ou n’ayant pas de médecin traitant disponible et nécessitant un soin non programmé d’accéder à distance, de manière simple et lisible, à un professionnel de santé. Celui-ci pourra lui fournir un conseil ou une orientation selon son état vers une consultation non programmée en ville ou à l’hôpital, vers un service d’urgences ou déclencher une intervention d’un service mobile d’urgence et de réanimation ou de toute autre équipe préhospitalière » détaille le gouvernement.

En résumé c’est comme un grand accueil virtuel, un triage des patients à distance selon leur état de gravité. En cas de péril imminent, il faudra toujours appeler le 15.

L’Etat ajoute que le SAS est un dispositif complémentaire aux actions en place pour assurer un meilleur accès aux soins dans le pays, notamment aux médecins généralistes qui manquent cruellement dans certaines zones (comme le Nord-Touraine ou même en zone urbaine à Saint-Pierre-des-Corps pour ne citer que deux exemples).

L’Indre-et-Loire fait donc partie des 22 départements retenus pour tester ce service dès les premiers jours de 2021. On attend les détails de sa mise en oeuvre. Dans la région, l’Indre est également concernée. Et la Vienne en Nouvelle-Aquitaine.