Tours

Reconfinement en Touraine : les commerces « non essentiels » restent fermés pour 15 jours

Les mesures en vigueur depuis le 30 octobre ne sont pas assouplies.

Deux semaines après le reconfinement annoncé par Emmanuel Macron, le gouvernement a fait un point d’étape ce jeudi soir. « La France affronte une 2e vague épidémique extrêmement forte » a débuté le 1er ministre, évoquant les 10 000 victimes infectées par le coronavirus depuis 2 mois.

« Aujourd’hui, 1 décès sur 4 est dû au virus en France et nous comptons une admission en réanimation toutes les 3 minutes. 40% ont moins de 65 ans » a tonné Jean Castex pour marquer les esprits. D’après lui, 95% du dispositif normal de réanimation est occupé (hors lits de cliniques privées). Si nécessaire, « nous pourrions aller jusqu’à 10 400 lits » en soins intensifs souligne le locataire de Matignon qui a rendu hommage aux équipes hospitalières et médicales « remarquables de compétence, d’engagement et de solidarité. » Selon le ministre de la santé, 7 700 lits sont disponibles aujourd'hui pour les patients Covid et non-Covid. Leur nombre est jusqu'à 2 fois plus important que d'habitude comme en Auvergne-Rhône Alpes. Olivier Véran ajoute qu'il y aura une prise en charge des frais de transport pour les proches de patients transférés dans d'autres régions pour cause de saturation des hôpitaux.

Des contaminations en baisse ces derniers jours

Alors quel bilan des mesures de confinement automnal, sachant qu’elles sont plus souples qu’au printemps ? « Les effets sont cohérents avec ce que nous recherchions : éviter les déplacements non essentiels mais préserver l’éducation de nos enfants et limiter les impacts sur l’emploi et l’économie qui baisserait de 12% selon la Banque de France ce qui est trois fois moins qu’au printemps » déclare Jean Castex. Il se satisfait de la baisse de la fréquentation des transports en commun et des 45% de salariés qui ont télétravaillé ces derniers jours même s’il souhaiterait que ce chiffre soit encore plus haut. Résultat : moins de contaminations mais pas encore d’effet sur les hospitalisations.

« Le confinement semble produire les effets attendus mais nous devons rester prudents » assure le 1er ministre qui ne compte donc pas alléger le dispositif en place depuis le 30 octobre. Toutes les dispositions actuellement en vigueur sont maintenues pour les 15 prochains jours parmi lesquelles la fermeture des commerces dits « non essentiels ». « Je prends cette décision en responsabilité » assume le chef du gouvernement qui ne veut pas « céder à la pression au risque de tout compromettre, de tout refermer dans deux semaines et peut-être pour tout le mois de décembre. » D’ailleurs, il envisage d’annoncer des mesures plus restrictives la semaine prochaine si le nombre de patients en réanimation ne baisse pas comme espéré par les autorités.

Un allègement pour les fêtes ?

En revanche si les données s’améliorent, les petits commerces pourront reprendre leur activité en décembre. Pas les bars, restaurants ou salles de sport. Un allègement plus large est envisageable pour les fêtes de fin d’année : « On pourra se retrouver avec les siens mais il ne sera pas envisageable d’organiser des fêtes avec plusieurs dizaines de personnes, notamment pour le réveillon du Nouvel An. L’enjeu des jours qui viennent est de ne pas relâcher nos efforts mais de les amplifier » a demandé le locataire de Matignon qui demande plus de fermeté de la part des forces de l’ordre dans les grandes métropoles comme Tours. 580 000 contrôles ont été réalisés en 15 jours avec plus de 88 000 verbalisations.

Pour compenser ces fermetures, les premières aides financières seront versées dans les tous prochains jours. Les indemnités des chômeurs en fin de droit sont prolongées jusqu’à la fin du confinement. Les cités universitaires bénéficieront de deux référents étudiants pour accompagner les jeunes de première année et ceux en difficulté, soit 1 600 emplois créés dans tout le pays.