Tours

Plan Etincelle à Tours : 361 commerces ont bénéficié des bons d’achat spécial Covid

L’opération a coûté 793 000€.

C’était la grande idée de l’ancien maire de Tours Christophe Bouchet, au point d’en faire la promotion dans les médias nationaux et d’inciter d’autres communes à l’imiter. Pendant le premier confinement au printemps, l’élu a lancé le Plan Etincelle qui consistait notamment à distribuer des bons d’achat de 50€ aux soignants, des personnes en première ligne pendant la crise du coronavirus ou à des bénéficiaires d’associations. Ces chèques devaient ensuite être dépensés dans les commerces de la ville pour les aider à relancer leur activité après de longues semaines de fermeture.

Cette idée a fait polémique et le nouveau maire de Tours Emmanuel Denis - élu en juin - a décidé de stopper l’opération. A la place il a lancé l’événement Les Estivales pendant l’été avec des piétonnisations de rues et des animations culturelles (une initiative qui a également subi son lot de critiques).

Quelques mois plus tard il est temps de faire le bilan. L’avantage du Plan Etincelle c’est qu’on peut avoir une idée précise de son impact... 30 000 bons d’achat avaient été imprimés soit une envloppe maximum d’1,5 million d’€ à reverser aux boutiques tourangelles. Mais vous savez, un bon d’achat c’est comme une box relais et châteaux : on ne s’en sert pas toujours... Sur les 30 000 chèques distribués, un peu plus de la moitié a été effectivement dépensée. Les derniers sont revenus fin octobre. Ainsi, selon les chiffres communiqués par la municipalité, la ville de Tours a reversé 793 000€ aux commerçants.

« Pour moi le bilan n’est pas positif » déclare l’adjoint au maire chargé du commerce, Iman Manzari. Pour étayer son analyse il avance des chiffres :

  • La ville de Tours compte 2 000 commerces mais il n’y en a que 400 qui se sont inscrits pour être partenaires du Plan Etincelle
  • 361 boutiques ont bénéficié d’au moins un bon de 50€ mais 15 magasins se sont partagés 50% de l’enveloppe totale (soit près de 400 000€)
  • « Un tiers des bons sont revenus à de grandes enseignes ou à des franchisés » déplore Iman Manzari dont quasi 100 000€ pour la première d’entre elles

« Je comprends que cet argent a pu les sauver mais c’est comme si on leur avait donné une subvention. Et puis ce sont pour beaucoup des enseignes situées dans des rues passantes où on ne manque pas de clientèle. On aurait pu faire le partage autrement » résume l’élu qui rappelle au passage que les aides économiques ne sont pas de la compétence d’une mairie mais sont dans les missions de l’agglomération ou du Conseil Régional.

Alors que Tours subit un nouveau confinement, les commerces sont encore à la peine. Ce jeudi l’ancien maire Christophe Bouchet et son ex adjoint à l’économie Thibault Coulon ont publié un communiqué pour déplorer l’inaction de leurs remplaçants. Dans leur texte ils regrettent l’abandon du plan Etincelle ou que « la seule action du maire est d’avoir co-signé un courrier adressé au premier ministre. » Les deux hommes réclament notamment le retour de la carte des commerces ouverts avec la liste des services proposés ou la mise en place d’une platefome numérique pour que les boutiques développent les ventes par Internet.

Réponse de l’élu en poste : « Nous avons organisé des réunions avec le maire et les commerçants cette semaine. » Des annonces détaillées sont prévues ce vendredi. La mise en ligne d’une carte interactive des magasins ouverts est dans les cartons en partenariat avec le Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI). Il est aussi question de mettre en place un accompagnement individuel pour le développement de commerce en ligne plutôt qu’un gros site municipal.

Enfin, la ville de Tours dit travailler à la création d’une plateforme locale de livraisons de courses à tarif préférentiel pour commerçants et clients. Sur ce point, on nous promet des avancées dans les jours qui viennent...