Tours

Covid-19 - « Des déprogrammations massives » au CHU de Tours

Face à la hausse d’hospitalisations liées au Covid-19

Lors d’un point presse ce mardi, Marie-Noëlle Gérard Breuzin, directrice du CHU de Tours, a fait le point sur la situation actuelle au sein des hôpitaux tourangeaux.

En 15 jours, le nombre de personnes en réanimation liées au Covid-19 est passé de 6 à 24 a présenté d’emblée la directrice. Une hausse qui risque de continuer les prochaines semaines. Conséquence, le CHU s’adapte et se prépare à cette deuxième vague dont le pic n’est attendu que mi-novembre.  

En bleu le nombre de personnes en réanimation Covid lors du printemps dans la région, en orange les projections de personnes en réanimation Covid de l'Institut Pasteur pour le mois de novembre.

Un pic qui s’annonce plus élevé selon les projections de l’Institut Pasteur que le nombre d’hospitalisations au printemps dernier où la région Centre-Val de Loire fut plutôt épargnée par le gros de la vague. Dès ce mercredi, le CHU de Tours va ainsi franchir un cap avec le passage en stade 3, c’est-à-dire la mise à disposition de 33 lits de réanimation Covid et 49 non Covid. Vendredi, c’est le niveau 4, soit 41 lits de réanimation Covid et 47 pour les autres maladies, qui devrait être activé, avant un stade 5 (le plus élevé) d’ici la semaine prochaine (49 lits Covid et 41 non Covid).

Au-delà de la simple adaptation du nombre de lits, ces différents niveaux de gestion épidémique vont contraindre les services hospitaliers à s’adapter à commencer par les moyens humains.  Ce point inquiète particulièrement la directrice du CHU, consciente que les personnels sont fatigués et lassés par une année éreintante. « On sent qu’il y a moins d’élan que lors de la première vague »analyse-t-elle.

Alors que le Plan Blanc a été activé la semaine dernière, la direction du CHU ne pratique pas pour l’heure aux rappels de personnels lors des jours de repos ou des congés. En revanche niveau organisationnel, le Professeur Fréderic Patat évoque des réaffectations de personnels à venir : médecins séniors, mais aussi internes et externes également si besoin. Les élèves infirmiers vont venir renforcer via des stages rémunérés les effectifs également.

« Le CHU fait tout pour répondre aux enjeux qui sont face à nous »indique la directrice, alors même que les déprogrammations des activités hors-Covid ont déjà commencé et qu’elles vont devenir massives prévient Marie-Noëlle Gérard Breuzin, afin de préserver le personnel pour le pic épidémique à venir.