Tours

[En vitrine] Le duo bière + livre de poche : formule insolite spécial confinement à Tours

Un arrangement entre deux commerces de la Rue Colbert.

C’est la grosse polémique de ces derniers jours : comme au printemps les librairies ne figurent pas dans la liste des commerces essentiels autorisés à ouvrir pendant le confinement, sauf si elles proposent le retrait de commande passé sur Internet (c’est notamment le cas pour la Boîte à Livres à Tours).

« Après beaucoup de réflexion, on a décidé de ne pas le proposer » explique Valérie Halley qui s’occupe du Bibliovore, la librairie d’occasion de la Rue Colbert. Trop compliqué avec plus de 4 000 livres en un seul exemplaires... « Ce serait chronophage pour nous. Ici c’est plus le livre qui attrape les lecteurs que l’inverse. On ne vient pas nous voir avec une liste d’ouvrages que l’on désirer acquérir. » C’est un peu l’esprit friperie : on achète ce qui nous fait de l’oeil (à 3€ l’exemplaire) selon ce que les gens sont venus déposer (l’enseigne propose le rachat de livres aux particuliers).

Un changement de vitrine tous les 2 jours

Le magasin tient tout de même la barre en cette période « étrange » : « On essaie de rester actifs, je change la vitrine tous les deux jours, je mets de nouveaux posts sur les réseaux sociaux pour montrer des livres. » Parfois ça déclenche quelques ventes de gens qui repèrent un ouvrage de l’autre côté de la vitre ou sur le net. Dans ce cas la transaction se fait sur le modèle du click & collect, en respectant les gestes barrières.

« On a une communauté autour de nous qui nous soutient. On reçoit beaucoup de messages d’encouragement et nous avons vendu quelques bons d’achat de soutien de 10€ qui donneront droit à 4 livres au moment du déconfinement » ajoute la librairie.

Pas de péril économique grâce aux aides

Plus original : le bar voisin Les Dix Fûts (qui a le droit d’ouvrir pour de la vente à emporter de bières) a installéé deux tourniquets de livres de poches dans ses locaux... ce qui permet de faire une formule inédite mousse + roman : « Valentin nous l’a proposé très gentiment. C’est le système D de la Rue Colbert. Pour l’instant on a vendu une dizaine de livres, c’est très symbolique. » Symbolique mais original, et possible de 17h à 20h du mercredi au samedi.

Comme beaucoup de petits commerces, Le Bibliovore fait donc en sorte de sauver les meubles comme il peut, espérant ne pas enchaîner les mauvaises nouvelles : « La reprise en mai s’était bien passée pendant 2-3 jours mais ensuite il avait fallu attendre la réouverture des bars et restaurants pour revoir du monde. On a fait de très beaux mois de juillet-août comme tous les libraires. Là c’est de nouveau un vrai coup dur, tout comme pour nos autres magasins à Blois, Orléans et Poitiers. C’est difficile à vivre car les petits commerçants ont vraiment investi pour respecter les consignes sanitaires » raconte Valérie Halley qui ne s’estime cependant pas en péril économique grâce aux aides promises par l’Etat. « On essaie de rester sereins et que les Français ne prendront pas l’habitude du Click & Collect. »