Tours

Examens maintenus, accès aux bibliothèques… L’Université de Tours face au reconfinement

Le dispositif est différent du printemps.

Emmanuel Macron l’a annoncé dans son discours du 28 octobre : les crèches, écoles, collèges et lycées peuvent rester ouverts pendant le reconfinement prévu jusqu’au 1er décembre mais les universités doivent programmer leurs cours à distance. Plus question d’entasser les étudiants dans les amphis. Cela dit, la situation est différente du premier confinement au printemps, « l’Université de Tours reste ouverte » insiste son président Philippe Vendrix.

Deux exceptions à la règle du confinement lui permettent de nous dire ça :

  • Certains TP (travaux pratiques) peuvent être maintenus notamment en chimie ou en biologie. Difficile en effet de manier des solutions chimiques ou des microscopes à distance… Cela dit ça doit se faire « en respectant les règles de distanciation » précise Philippe Vendrix. Donc par exemple pas plus de 15 étudiants dans une salle qui peut habituellement en recevoir le double
  • Deuxièmement, « sur rendez-vous, les étudiants peuvent avoir accès aux bibliothèques, aux salles de cours ou aux équipements informatiques. » C’est-à-dire que si à la maison on n’a pas une bonne connexion Internet (ou pas d’ordinateur) mais aussi qu’on a besoin de faire des recherches documentaires on peut se rendre à la fac pour réaliser ce travail.

Par ailleurs, le président de l’Université de Tours indique que toute une série de services de la fac continuent de fonctionner (santé, relations internationales…). Des permanences ont lieu pour répondre aux besoins des étudiants. Les professeurs et enseignants-chercheurs peuvent assurer leurs cours en visio depuis les salles de l’université en bénéficiant d’une assistance technique si besoin. Enfin les restaurants universitaires du CROUS servent des plats à emporter.

Philippe Vendrix

« On prévoit tout cela en pensant au futur » indique Philippe Vendrix. En clair, l’Université de Tours se prépare au cas où le confinement dure plus de 4 semaines, ou en cas de nouvelle vague épidémique début 2021 : « On essaie de trouver la meilleure adaptabilité possible sur le long terme » résume le président de l’établissement qui rassemble pas moins de 30 000 étudiantes et étudiants.

Pour les examens, ils sont autorisés en présentiel moyennant un respect de la distanciation, ce qui peut impliquer la mise à disposition de plusieurs salles pour un même groupe de personnes à évaluer. Des sessions sont organisées dès cette semaine. Des QCM peuvent également avoir lieu à distance pour respecter totalement le confinement.

Une question demeure : comment assurer le suivi de tout le monde à distance, et notamment ne pas perdre étudiantes et étudiants en difficulté ? « Nous avons réuni en ce début de semaine la cellule sociale d’urgence installée en début d’année, composée d’étudiants et de personnel universitaires et destinée à épauler les étudiants qui ont des difficultés informatiques, financières ou de logement » indique Philippe Vendrix. Elle a la possibilité d’octroyer des aides aux jeunes qui en ont fait la demande auprès des services d’assistance sociale de l’Université (pour acheter une clé 4G, acquérir un ordinateur ou se nourrir). Depuis le début de la crise en mars, et jusqu'à fin juillet, plus de 900 aides ont été attribuées pour près de 100 000€ : 42 000€ pour 600 aides alimentaires, près de 200 pour le numérique soit un peu moins de 5 000€, et 35 000€ pour aider 130 étudiants qui ont perdu un emploi ou un stage.

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L’info en plus : mi-octobre, une étudiante est morte suite à un malaise sur l’un des sites de l’université de Tours qui n’était pas équipé de défibrillateurs. « Une enquête administrative est en cours, on attend les résultats » commente simplement Philippe Vendrix. La présidence de l’Université a notamment été très critiquée pour ne pas avoir installé plus tôt les appareils de réanimation cardiaque alors qu’elle les avait à sa disposition (ils sont depuis en place). La cellule psychologique mise en place pour l’enseignante ou les camarades de l’étudiante poursuivra son activité tant que nécessaire. Enfin, une commission spéciale du comité d’hygiène et de sécurité se réunit cette semaine