Tours

[En vitrine] En Touraine, ces coiffeurs récupèrent vos cheveux

Ils serviront à fabriquer des perruques pour les personnes atteintes de cancer.

Avez-vous déjà entendu parler du don de cheveux ? À l’occasion d’Octobre Rose, mois dédié à la sensibilisation au cancer du sein, nous avons décidé de mettre en avant cette action qui contribue au bien-être des personnes atteintes de tumeurs. En quoi cela consiste-t-il ? Différentes associations récupèrent des mèches de cheveux chez leurs salons de coiffure partenaires ou auprès de particuliers. Elles collaborent ensuite avec des perruquiers afin de proposer aux patients des perruques en cheveux naturels. 

En Indre-et-Loire, une dizaine de coiffeurs sont partenaires de ces associations. Parmi eux, Line Bodet, gérante d’Artiste en herbes à Tours et partenaire de Fake hair don’t care et de Solid’hair depuis juillet 2018, et Marine Drancourt, du salon L’accroche-cœur à Château-la-Vallière, partenaire de Fake hair don’t care depuis ce mois d’octobre 2020.

« Pour l'association Solid'hair, l'ancienne coiffeuse qui tenait le salon était déjà partenaire alors j'ai tout naturellement repris la suite. Mon adhésion à Fake hair don't care a suivi quelques jours après. Et puis la cause me parle énormément puisque, dans ma clientèle, beaucoup ont malheureusement été atteintes d’un cancer », témoigne la première. « Cela faisait longtemps que je cherchais une association pour être partenaire. J’ai découvert celle-ci sur la page Facebook Le club des coiffeurs. Ça fait longtemps que je sais que ça existe. J’ai moi-même eu des femmes atteintes de cancer dans ma famille et qui parlaient de perruques. J’étais petite mais ça m’a marquée », raconte la seconde.

Environ 80 dons pour Artiste en herbes 

Reste à faire connaître cette action. Pour cela, les deux coiffeuses n’hésitent pas à utiliser les réseaux sociaux. Et ça a l’air de fonctionner. « Honnêtement, j’ai beaucoup de dons. Depuis 2018, j’ai dû en faire 80, minimum », se réjouit Line Bodet. Alors qu’elle n’a commencé son partenariat qu’en début de mois, Marine Drancourt n’en a quant à elle pas encore eu. Mais, elle compte bien y remédier. « Il faut que j’achète le sticker de l’association pour le mettre sur ma vitrine et ainsi gagner en visibilité. Beaucoup de clients me demandent aussi ce que je fais des cheveux une fois coupés, je leur parle donc du don », assure-t-elle. 

Pour les personnes qui osent se lancer, le changement peut parfois être important. S’il faut donner 10 cm minimum pour Fake hair don’t care, l’association Solid’hair demande au moins 25 cm. « Pour moi cette longueur est une contrainte car ça ne court pas les rues », explique la gérante d’Artiste en herbes. Une opinion partagée par sa collègue de Château-la-Vallière, qui n’a pas souhaité faire de partenariat avec eux notamment à cause de ça.

Pour faire face à cette transformation, les coiffeuses doivent en tout cas prendre le temps de discuter avec leurs clients. « Il faut savoir que je passe parfois 1h30, voire 2h, avec les clientes car, pour certaines, c'est un tel changement qu'il faut les accompagner psychologiquement aussi », indique Line Bodet. C’est l’une des raisons pour laquelle elle ne propose plus de réduction sur les coupes des donneurs, comme certains partenaires peuvent le faire : « Disons que je faisais un geste au début, j'offrais la coupe à 100%, je ne faisais payer que le shampooing et le coiffage. Pour moi, c'était donnant donnant. Mais, honnêtement, je ne pouvais plus me permettre financièrement de faire un tel geste au vu du nombre de demandes que j'avais et du temps que j'y passais. J'ai donc arrêté, je fais payer une prestation classique et je n'ai eu aucune remarques négatives. »

Marine Drancourt est encore en réflexion sur ce point. « Je ne sais pas trop ce que je vais faire. Beaucoup de coiffeurs offrent la coupe. Je pense que c’est honnête mais ce sont des clients qui sont prêts à donner et je crois qu’ils ne cherchent pas à avoir une promotion. »

Une fois le don réalisé, les coiffeurs envoient les mèches de cheveux aux associations partenaires. Elles prennent alors le relais en fournissant les perruquiers. « Il faut entre six à dix dons pour pouvoir réaliser une perruque et il faut compter plusieurs semaines de fabrication, au minimum deux, si le perruquier est disponible à temps plein », explique l’équipe de Fake hair don’t care. Et, puisque la maladie n’attend pas, cette bonne action est réalisable tout au long de l’année et pas seulement lors du mois d’octobre. 

Quelle est la procédure ?

Pour faire un don, il suffit de se rendre dans un salon partenaire (à retrouver ici ou ) et de se mettre d'accord avec le coiffeur sur la longueur finale. Il vous fera des couettes et coupera juste au-dessus. Il se chargera ensuite d’envoyer votre don à l’association choisie. Il faut cependant respecter quelques conditions :

  • Fake hair don’t care demande un minimum de 10 centimètres. Les cheveux doivent être en bonne santé (sans trop de fourches) et peuvent être naturels, colorés, méchés, teints au henné…
  • Chez Solid’hair, seules les mèches d’au moins 25 cm sont récupérées et les cheveux doivent être naturels. Ils n’acceptent donc pas les colorations, les mèches, les balayages, les tie and dye ou les décolorations.

Il est aussi possible de vous rendre chez votre coiffeur habituel ou, pour les plus téméraires d'entre vous, de réaliser vous-même votre coupe. Chaque association a mis en ligne ses conseils de coupe. Les mèches peuvent ensuite être envoyées par courrier.

Émilie Mette