Tours

Le message du CHU de Tours : « Pas de flambée des hospitalisations » mais « restez sages »

L’hôpital a fait un point sur l’évolution de la crise Covid.

L’Indre-et-Loire se prépare à entrer en couvre-feu ce week-end, pour lutter contre l’épidémie de coronavirus. Le gouvernement a choisi de placer le département en alerte Covid maximale car le nombre de nouveaux cas augmente de façon exponentielle et cela fait craindre une saturation des services de santé. Où en est-on à ce jour ? « Il n’y a pas de flambée d’hospitalisations » décrit Pauline Bernard, secrétaire générale du CHU de Tours. Actuellement 11 malades Covid sont soignés en réanimation, et 27 autres en médecine conventionnelle. 10 nouveaux lits ont été ouverts cette semaine. « Notre plan d’ouverture nous permet de monter en charge progressivement pour atteindre 90 lits de réanimation dont 50% pour des patients Covid. Nous pouvons également avoir jusqu’à 50 lits de médecine Covid » précise la direction du CHU.

Selon la direction du CHU, l'attente pour des tests Covid à l'hôpital ne dépasse pas 2h. Les résultats sont transmis maximum en 48h et souvent en moins de 24h.

En clair, la situation du principal centre hospitalier de la région n’est pas alarmante. Pas de plan Blanc comme dans des établissements d’Île-de-France ou d’Auvergne-Rhône Alpes, donc aucune déprogrammation d’intervention chirurgicale à ce jour contrairement à ce qu’il se passe par exemple à Orléans. Néanmoins, « le message reste celui d’une vigilance extrême. La situation peut basculer très rapidement » prévient Pauline Bernard, soutenue par le chef du service des maladies infectieuses Louis Bernard. Pour lui, hors de question de tenir un discours rassurant :

« Le centre d’exploration clinique de Bretonneau (où l’on fait les tests, ndlr) était quasiment vide il y a 10 jours. Hier il y avait plus de monde dans la queue des cas symptomatiques que pour les patients sans symptômes. On a du personnel touché, contaminé à l’hôpital et en dehors. Dans le Nord le nombre de patients en réanimation a été multiplié par 10 en quelques jours. On est tous un peu fatigués donc il ne faut pas surcharger les équipes. Si on triple le nombre de patients en réa dans la région on sera en surcharge. La pente des hospitalisations sera proportionnelle à l’application des mesures de distanciation donc restez sages. »

Le CHU travaille déjà avec la Nouvelle Clinique de Tours Plus à Saint-Cyr et le Pôle Santé Vinci de Chambray pour y rediriger certains patients. Des binômes médecin-chirurgien font également le tour des services de Trousseau et Bretonneau pour rédiger un éventuel plan de report de soins sans impacter les patients qui doivent impérativement être suivis ou traités.

Pour faire face, le CHU continue d’avoir recours à l’intérim ou aux étudiants. « On étudie l’interruption des formations de spécialité et le report des diplomations pour disposer des renforts étudiants. Ce sont des professionnels aguerris qui peuvent apporter leur expérience » souligne le coordinateur général des soins Jean-Yves Boileau. En revanche le recours aux infirmiers est allégé car ils ont déjà été très sollicités lors de la première vague du printemps. Le taux d’absentéisme de l’hôpital se situe actuellement à 9% d’après la direction, plus de 700 membres du personnel sur 9 000 ont été vaccinés préventivement contre la grippe dans le but d’éviter de pénaliser les services au cœur de l’hiver.