Tours

Covid-19 : Tours Métropole veut recycler tous vos masques

Les modèles jetables et ceux qui sont en tissu.

« Ballan-ce pas ton masque » ironise une affiche diffusée à Ballan-Miré pour inciter les habitants de la commune à ne pas jeter leur masque dans la nature. Depuis l’apparition d’un nouveau coronavirus, on nous oblige à porter un masque dans de nombreuses circonstances (transports en commun, lieux clos, centre-ville de Tours…) ce qui conduit à des dérives comme de nombreux masques échoués sur les trottoirs, dans les buissons voire dans la Loire et le Cher. Des polluants en puissance, en particulier les modèles chirurgicaux composés de dérivés de plastique et très longs à se décomposer.

Sachant que 300 000 personnes vivent dans les 22 communes de Tours Métropole, en admettant que chacune d’entre elles porte 5 à 7 masques par semaine selon ses activités à l’extérieur de la maison (courses, sorties, travail…) ça fait entre 1,5 million et 2 millions de masques portés par semaine. Certains modèles se lavent et se réutilisent mais leur efficacité n’est pas infinie et tôt ou tard – eux aussi – on doit s’en séparer. Bref, ça fait des centaines de milliers de déchets supplémentaires par semaine à une époque où on nous incite plutôt à réduire le poids de nos poubelles. Autant dire que tout ça a un objectif sanitaire mais pas grand-chose d’écologique.

Des collecteurs de masques dans l’agglo de Tours

Comment atténuer l’impact des protections Covid sur l’environnement ? Ces derniers mois, plusieurs solutions ont commencé à émerger et des entreprises se sont lancé le défi. Ainsi, pas loin de chez nous, une société de Châtellerault réutilise des masques usagés pour fabriquer des visières ou des ouvre-portes (ces ustensiles qui permettent d’actionner une poignée sans la toucher avec ses mains, donc sans risque de se contaminer s’il y a du virus dessus). En région parisienne, des hypermarchés récupèrent également des masques transformés en granulés de plastique après quarantaine. Une matière qui peut servir pour créer du mobilier d’extérieur, des palettes ou des arrosoirs.

Ces idées inspirent Tours Métropole qui a elle-même acheté des milliers de masques pour son personnel et ses habitants. Dans un communiqué, l’agglomération annonce le lancement « d’un dispositif pilote de collecte et de valorisation des masques unique en France pour une Métropole » et qui devrait voir le jour en novembre.

Des masques transformés en combustibles

L’idée consisterait à déployer des points de collecte dans les 22 communes du territoire pour récupérer les masques, de laver les protections récupérées pour les désinfecter, puis de s’en servir comme combustible.

« Cette première initiative est amenée à évoluer, avec pour objectif de développer, en lien étroit avec les filières, des solutions de recyclages structurées, innovantes et pérennes » poursuit Tours Métropole. Les points de collecte seront notamment situés dans les 7 déchetteries de l’agglomération ainsi qu’à l’Hôtel Métropolitain du quartier des Deux-Lions à Tours (autres adresses en attente). Ces sites seront tous dotés d’un double-collecteur avec deux filets : l’un dédié aux masques en tissus, l’autre dédié aux masques chirurgicaux. Le système de filets permet de sécuriser la collecte en assurant le moins de manipulation possible par les agents de l’association d’insertion locale TRI 37 en charge de la collecte des masques usagés. Une fois collectés, les masques subiront un lavage à 60° sur une durée de 30 minutes, afin de garantir une désinfection totale.