Tours

Vaccin contre la grippe : c’est le rush en Indre-et-Loire

Un lien possible avec l’épidémie de Covid-19.

C’est un message qu’on entend chaque année, mais encore un peu plus fort en 2020 : « Faites-vous vacciner contre la grippe ! » Les spécialistes du CHU de Tours le martelaient fin septembre en annonçant que ce serait un bon moyen de désengorger les urgences pendant l’hiver. Ce qu’ils redoutent c’est le télescopage de patients grippés et de malades Covid, d’autant que les symptômes des deux maladies sont similaires (toux, fièvre, fatigue…). En plus, si l’épidémie de grippe a été peu virulente pendant l’hiver 2019-2020, rien ne dit que ce sera pareil cette fois-ci.

Alors à qui les autorités recommandent la vaccination ? L’Assurance Maladie d’Indre-et-Loire nous informe que 135 556 personnes ont reçu un bon pour une prise en charge de la piqûre à 100% cette année, soit presque un quart de la population du département. Il s’agit notamment des plus de 65 ans, des femmes enceintes, des personnes en surpoids ou d’individus ayant des maladies chroniques.

Du monde dès l'ouverture de la campagne de vaccination

Dans le lot, tout le monde ne franchit pas le pas : 50,5% des personnes à risques se font effectivement vacciner en Centre-Val de Loire, seulement 1 personne sur 3 parmi les moins de 65 ans à qui on conseille la démarche. Des chiffres largement inférieurs aux recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé qui préconise 75% de couverture vaccinale pour lutter efficacement contre la maladie et réduire le nombre de décès. La direction du CHU de Tours espère également immuniser un maximum de membres du personnel (pour deux raisons : éviter la transmission du virus mais aussi les absences à remplacer en cas d’infection).

Le ministère de la Santé estime que la grippe infecte 2,5 millions de personnes par an en France. Elle peut faire jusqu’à 15 000 victimes. D’où la campagne annuelle de vaccination qui vient tout juste de débuter… Il est trop tôt pour savoir si elle va susciter un engouement national et durable. A Vernou-sur-Brenne, le responsable syndical des pharmaciens tourangeaux Nicolas Hay nous livre quand même ses premières observations :

« J’ai vu beaucoup plus de personnes venir chercher leur vaccin dès le premier jour, au moins le double des années précédentes. »

D’habitude, le professionnel écoule 800 doses de vaccin grippal en une saison. Cette fois-ci, il en a commandé 900. Au niveau national, 12 millions de boîtes ont été produites soit une hausse de 20% par rapport à 2019. « Je ne sais pas si les personnes qui sont venues tout de suite se font vacciner tous les ans et ont peur de la rupture de stock ou s’il y a un effet Covid. Il faudra attendre quelques jours ou quelques semaines pour le dire » nous dit Nicolas Hay. Il évoque la possibilité d’un mouvement de panique lié à la surmédiatisation des problèmes sanitaires ces derniers mois (le même type de comportement que l’on observe aux pompes à essence dès qu’on commence à agiter le chiffon rouge d’un manque de réapprovisionnement des cuves).

Attendre avant de faire la piqûre

Le pharmacien tourangeau appelle donc à la modération… et à la patience avec un argument médical : « Mieux vaut attendre début novembre pour se faire vacciner. On sait que la protection ne dure que 4 à 5 mois. Si la grippe arrive fin février ou début mars, elle sera donc moins bonne. »Un message adressé en particulier à celles et ceux qui ne se font pas piquer chaque année. Ainsi les plus fragiles sont sûrs d’accéder facilement à leur dose, quitte à la conserver un peu au réfrigérateur avant de se la faire administrer.

En complément de la campagne de vaccination, Nicolas Hay rappelle que les gestes barrières qu’on nous demande de respecter pour ralentir la diffusion du coronavirus seront aussi très efficaces contre la grippe (ou la gastro) :

« Avec le masque, le lavage des mains et la distanciation, la grippe risque de faire pschitt. Il faut donc garder ces réflexes. »

Rappelons que le vaccin contre la grippe peut être réalisé par un médecin, une infirmière mais aussi directement en officine (plus de 95% des pharmacies d’Indre-et-Loire acceptent de s’en occuper). Ça peut aussi se passer en maison de santé comme à Avoine du 27 octobre au 3 décembre (plus d’infos sur le site de la Maison de Santé du Véron).