Tours

Arbres abattus, arbres replantés : quel avenir pour le Jardin des Prébendes à Tours ?

Plusieurs champignons ravageurs s’attaquent à la végétation. La sécheresse fait aussi des dégâts.

Pas de doute, c’est l’un des endroits les plus agréables de la ville de Tours : le Jardin des Prébendes, proche de l’Avenue Grammont et du Boulevard Béranger. Près de 400 arbres, de beaux massifs, son café, ses allées sinueuses, son kiosque, sa mare aux canards… Le parc a été créé en 1873, il fêtera bientôt ses 150 ans. Plusieurs arbres ont pratiquement cet âge, d’autres ont largement dépassé le siècle d’existence. Ils sont « mâtures » selon les mots des spécialistes de la ville de Tours qui veillent sur eux au quotidien.

« Mâture » pour un arbre, ça veut dire qu’il est en pleine force de l’âge… Et comme pour les humains ce n’est pas sans risques. Quand les années avancent, on peut plus facilement attraper des maladies. Et quand un arbre ne va pas bien il peut tomber, parfois sans prévenir. C’est ce qui s’est passé il y a quelques années quand un spécimen des Prébendes est tombé sur un enfant, le blessant sérieusement.

Des arbres fragilisés par la sécheresse, les champignons, les chenilles…

Pour éviter de nouveaux drames, la mairie a fait un diagnostic généralisé de l’état de la végétation aux Prébendes ; il y a quelques mois déjà, plusieurs arbres ont été abattus, car ils étaient jugés dangereux. 13 autres le seront dans les semaines qui viennent, la plupart du temps parce qu’ils peuvent constituer une menace. Pour expliquer ses projets, la municipalité a organisé une réunion avec des habitants au pied du kiosque mercredi 2 septembre. Un exercice indispensable car le sujet est sensible : beaucoup d’habitants du quartier sont très attachés à leur parc, et très vigilants quant aux aménagements annoncés. La précédente campagne de coupe avait ainsi entraîné pas mal de critiques…

« Notre objectif c’est que dans 150 ans les Tourangelles et les Tourangeaux puissent toujours profiter de ce patrimoine » explique Bestabée Haas, la nouvelle élue en charge des espaces verts. Elle promet que pour chaque arbre coupé, il y aura un arbre replanté. De la même espèce… ou d’une espèce similaire. Clairement on ne mettra pas un sapin à la place d’un érable. En revanche, pour s’adapter aux changements climatiques, de nouvelles espèces pourront faire leurs apparitions, en l’occurrence des arbres plus résistants aux fortes chaleurs ou au manque d’eau.

La sécheresse qui sévit chaque année depuis 2016, c’est l’une des principales causes de souffrance des arbres aux Prébendes (elle a récemment eu raison d’un érable). Il y a aussi les champignons qui s’attaquent habituellement au bois mort mais sévissent aussi sur des spécimens vivants au point de les achever (un tilleul est tombé récemment, un frêne doré est condamné). Et puis il y a les chenilles qui prolifèrent, par exemple dans les marronniers.

3 000 arbustes à planter, des portillons à remplacer

Une fois tous ces facteurs pris en compte, ce sont donc au moins 13 arbres qui vont être sectionnés à partir de cet automne. Les souches seront ensuite retirées par une entreprise spécialisée. Les plantations de nouveaux arbres seront réalisées d’ici mars 2021. Elle annonce également l’arrivée d’un nouveau saule pleureur, une essence qui manque à certains habitués… Et celle de 3 000 petits arbustes pour compléter la densité végétale.

En parallèle, la ville mène d’autres actions comme l’interdiction de marche près de certains séquoias pour ne pas les fragiliser. La mare a été curée mais l’eau n’est toujours pas transparente : des habitants s’en inquiètent, la mairie a promis de se pencher sur le sujet. Une étude est également en cours pour remplacer les portillons manquants, en privilégiant des modèles moins bruyants pour ne pas déranger le voisinage. Et comme ça ne s’arrête jamais… Prochain chantier : réparer le nez de la statue de Ronsard qui est cassé.

Olivier Collet