Tours

Le contre-14 juillet des soignants à Tours

Avec une manifestation Place Jean Jaurès.

C’était un petit rassemblement : environ 200 personnes de 14h à 15h30 devant l’Hôtel de Ville de Tours ce mardi 14 juillet. Quelques heures avant la cérémonie officielle de la Fête Nationale Place Anatole France, les syndicats CGT et Sud du CHU de Tours appelaient à protester contre les conclusions du Ségur de la santé proposé par le gouvernement, et plus globalement contre la politique d’Emmanuel Macron (des Gilets Jaunes avaient également fait le déplacement). S’opposer aussi aux hommages rendus aux soignants après l’épisode intense du coronavirus, sans gestes politiques assez forts à leurs yeux.

« 180€ d’augmentation ce n’est pas rien mais ce n’est pas ce qu’on a demandé » expliquaient les soignants présents, qui veulent – depuis de longs mois – 300€ de plus sur leur fiche de paie. Ils craignent par ailleurs que cette promesse acceptée par la majorité des syndicats représentatifs (FO, CFDT, UNSA…) se fasse au détriment du budget de la sécurité sociale ou des hôpitaux « où l’on va continuer de fermer des lits et des services, ça ce n’est pas acceptable. »

La crainte des personnes présentes était également de voir les conditions de travail encore se dégrader à l’hôpital, avec une remise en cause des 35h : « Ils vont nous épuiser encore plus. Il faut que ce métier s’exerce dans des conditions décentes pour redevenir attirant » a-t-on entendu.

A noter la présence dans la foule d’une femme exerçant à l’hôpital de Dax… actuellement chez ses parents en Indre-et-Loire. Prête donc à manifester loin de chez elle pour la cause. Essorée par le métier, elle n’envisage pas de poursuivre après son CDD : « Dans mon hôpital on n’a pas touché la prime Covid et la direction s’est félicitée d’avoir réussi à faire des économies pendant la crise sanitaire » nous confiait-elle, dépitée.

Olivier Collet / Photos : Pascal Montagne