Tours

Municipales en Touraine : ce qu’il faut retenir du 2e tour

Tours bascule chez les écolos, Amboise, Château-Renault et Saint-Pierre-des-Corps virent à droite.

3 mois et demi entre les deux dimanches de vote : jamais une élection municipale n’aura connu tel scénario. La faute à la crise du coronavirus qui a obligé à décaler le 2e tour dans les 32 communes d’Indre-et-Loire sur 272 qui n’avaient pas encore donné une majorité claire à leur conseil municipal.

Quels sont les enseignements de cette journée ? Déjà une participation historiquement basse (39,26%), pour plusieurs raisons qui peuvent aller du désarroi envers la politique à la peur dêtre contamoiné malgré un protocole sanitaire strict dans les bureaux de vote (masque obligatoire, lavage des mains systématique, sens de circulation...). Ainsi, à midi, moins d’un électeur sur 5 s’était rendu aux urnes dans le département, 40% à 17h (32,5% à Tours). Dans certains bureaux de la plus grande ville du département on atteint à peine 20% de participation. C’est inquiétant pour la démocratie.

En ce qui concerne les résultats, 7 villes étaient particulièrement scrutées. La première d’entre elles, évidemment : Tours. Le maire sortant Christophe Bouchet y affrontait son challenger Emmanuel Denis. L’alliance de la droite et du centre contre celle des écologistes et de la gauche. Le résultat s’annonçait serré, il a finalement viré asez nettement en faveur de l’équipe de Pour Demain - Tours 2020 : 55%, et 2 600 voix d'avance, soit une deuxième alternance en 6 ans après le virage de 2014 qui avait vu la droite faire tomber le socialiste Jean Germain après 3 mandats. Les colistiers du futur maire (qui sera officiellement en poste en fin de semaine) ont fête leur victoire au HQ tout près de l'Hôtel de Ville.

Malgré cette issue dans la principale ville du département, le président de Tours Métropole Philippe Briand (maire Les Républicains de Saint-Cyr-sur-Loire) pourrait rester en place grâce à la victoire de la liste d’Emmanuel François à Saint-Pierre-des-Corps.

L’homme qui se dit apolitique mais se voit soutenu par des personnalités de droite et du centre a réussi à faire tomber une ville communiste depuis un siècle en recueillant 40,37% des suffrages exprimés (mais seulement 16,2% des inscrits en raison d’une forte abstention établie à 58,88%). Michel Soulas - soutenu par la maire Marie-France Beaufils qui prend sa retraite - est donc battu (34,81%, 239 voix d’écart) et paie la division de la gauche (il y avait aussi une liste socialiste qui fait 15% et une liste citoyenne et écologiste - 9% - encore en lice pour ce second tour).

Saint-Pierre-des-Corps n’est pas la seule commune qui bascule : pour 43 voix, la droite remporte Amboise avec Thierry Boutard qui fait tomber Brice Ravier, soutenu par le maire sortant Christian Guyon (qui prend lui aussi sa retraite).

Scénario identique mais victoire plus nette à Château-Renault où la gauche quitte le pouvoir, Nordine Boumaraf étant devancé par la conseillère départementale Brigitte Dupuis qui dépasse les 56%. Autre maire qui va devoir céder sa place : Patrick Delétang à Chanceaux-sur-Choisille. Et c’est le match le plus serré du département car ça se joue à deux voix. Le nouveau maire sera donc Gérard Daviet conduisant la liste Ensemble.

En revanche, le conseiller régional socialiste Pierre-Alain Roiron conserve (de peu) la ville de Langeais : 47,5% contre 42,41% pour le LR Benjamin Philippon, soit 102 voix d'écart. Et à Chinon la droite reste majoritaire à la mairie, Jean-Luc Dupont ayant remporté le duel contre l’ancien député Laurent Baumel qui conduisait une liste de gauche.