Tours

Le projet de Nouvel Hôpital Trousseau modifié à cause du coronavirus

L’achèvement des travaux est toujours prévu pour 2026.

Au mois de janvier, la directrice du CHU de Tours nous promettait une présentation grand public de projet de Nouvel Hôpital Trousseau au mois de juin. Nous y sommes… et il va falloir attendre encore un peu. Avec la crise du coronavirus, le projet va être revu. Pas dans les grandes lignes, plutôt dans les détails.

En résumé, l’hôpital tourangeau a vocation à se transformer d’ici 2026 via un plan d’investissement global de 600 millions d’euros comprenant notamment la reconstruction intégrale du site de Chambray-lès-Tours (à terme, la tour actuelle sera détruite). Le début des travaux est prévu pour fin 2021 sur une surface de 40ha. 5 ans plus tard, on devrait bénéficier d’urgences flambant neuves, de blocs opératoires ultra-modernes, d’un hôpital pour enfants dernier cri (le site de Clocheville sera transféré à Chambray)… Tout ça à proximité immédiate d’une station de tramway, car Tours Métropole prévoit d’inaugurer une 2e ligne au moment de l’ouverture de l’établissement.

Des étages en plus ou des patios supprimés

Ces fondamentaux ne sont pas remis en cause mais l’apparition du Covid-19 a quelque peu changé les plans initiaux. Ces derniers mois certains hôpitaux se sont retrouvés débordés et fragilisés. Les attentes de la population et de l’Etat ont changé vis-à-vis de la politique de santé publique et il faut imaginer l’apparition de nouvelles directives nationales d’ici quelques mois après le plan Ségur lancé par le gouvernement.

Vu le contexte, enclencher le projet tourangeau sans l’amender aurait été complètement incongru. Le réviser est aujourd’hui la priorité de la directrice du CHU Marie-Noëlle Gérain-Breuzard qui explique en exclusivité à Info Tours et 37 degrés que les choses sont en train d’être « réabordées ». Ainsi, des discussions sont en cours avec les architectes pour agrandir les locaux : « On ne met pas tout par terre pour recommencer mais on prépare une évolution. » Par exemple, il était question de mettre 20% de chambres à deux lits dans les futurs bâtiments et ce chiffre sera revu à la baisse, « et il n’est pas exclu qu’il y en ait zéro. » A l’inverse, le nombre de chambres avec sas de sécurité sera augmenté pour se protéger des infections tout comme le quota de chambres avec traitement d’air. En revanche, il n’y aura pas plus de lits de réanimation mais plutôt des espaces prêts à ouvrir en cas d’épidémie (y compris la grippe). Au total, 700 lits sont annoncés (565 pour les adultes, 150 pour les enfants).

Une rallonge de budget demandée

Visuellement, les corrections vont avoir des conséquences. On évoque un étage supplémentaire pour le site pédiatrique qui accueillera les équipes actuelles de Clocheville où le comblage des « dents creuses », c’est-à-dire des patios ou terrasses internes qui accueilleront finalement des antennes de services médicaux.

Ces m² en plus des 69 000 envisagés au départ il va falloir les financer. « Forcément cela nécessitera des euros en plus. On est en train de chiffrer le budget et on va négocier avec l’Etat » annonce Marie-Noëlle Gérain-Breuzard. L’avant-projet « sommaire » du futur CHU a été validé par l’Agence Régionale de Santé il y a quelques semaines. Le dossier détaillé sera présenté à l’automne. C’est à ce moment précis qu’on devrait en savoir plus. « On est dans les clous pour 2026, on fait tout pour » promet la directrice. En attendant, le plan COPERMO qui devait aboutir sur 120 nouvelles fermetures de lits (après les 130 déjà réalisées) semble en pause. La patronne de l’hôpital souhaiterait notamment renégocier la disparition d’une quarantaine de lits de médecine car « les patients plus âgés en ont besoin. »

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A noter qu’en attendant l’inauguration du CHU d’autres chantiers sont programmés au sein du CHU comme l’entrée en service de deux bunkers de radiothérapie à Bretonneau ou l’ouverture de 17 lits de courts séjours.

Olivier Collet