Tours

[Tranche de Covi(e)d #5] Quand les paquets de chips remplacent les pâquerettes

Ce n’est pas nouveau, mais toujours aussi agaçant.

Le confinement terminé, Info Tours inaugure une nouvelle rubrique participative : Tranche de Covi(e)d. C’est à vous d’imaginer ce que vous avez envie d’y lire ou d’y voir. Contactez-nous par mail ([email protected]) et transmettez-nous un texte, une photo, une vidéo, une musique, un dessin… qui résume votre état d’esprit en cette période particulière. Témoignez de votre quotidien, de vos difficultés, de vos joies, de vos espoirs, de vos envies, de vos rêves… Nous publierons régulièrement une sélection de messages.

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On s’en souvient, c’était pendant le confinement : les collectes de déchets recyclables suspendues et les déchetteries fermées. On découvrait alors que garder ses ordures quelques semaines à la maison semblait un effort surhumain pour certaines personnes. Un sac de boîtes de conserves et de briques de lait ou un vieux fauteuil, pas question de les conserver trop longtemps. Il faut que ça dégage maintenant, quitte à le laisser au pied d’un arbre ou dans la mauvaise poubelle. Il y aura bien quelqu’un pour ramasser, ou un coup de vent pour l’emmener un peu plus loin. On aimerait sincèrement entendre les arguments de ces gens-là pour se justifier.

Le 11 mai est arrivé, et avec lui la promesse de la réouverture de certaines boutiques. Comme Nespresso à Tours. Manque de bol (de café), le magasin est resté fermé plusieurs jours. Qu’à cela ne tienne, ce serait dommage de changer ses plans ! Des personnes souhaitant ramener leurs capsules usagées ont déposé leurs sacs au pied du rideau de fer. Et celles qui arrivent derrière imitent, dans un élan confondant de stupidité. Finir sa balade avec des capsules sous le bras ? Se taper la honte au bureau avec le sac dans les mains ? Retenter sa chance le lendemain ou la semaine prochaine ? Non, non et non. Le débarras n’attend pas. Et de toute façon comme je les rapporte je fais déjà ma part pour le recyclage. Ces esprits-là se comptent par dizaines.

Ça continue avec le retour de l’affluence dans les parcs et jardins, comme on le voit ici à la Gloriette sur des clichés transmis par Dalila, une de nos lectrices. Des restes de pique-nique au sol, qui se baladent selon la force du vent. Il y en a trop pour que ce soient seulement des échantillons envolés par négligence (un paquet de chips téléporté par une bourrasque, ça peut arriver à tout le monde). Ces détritus alimentaires non biodégradables + les masques abandonnés sur les parkings de supermarchés ou au pied des trottoirs, c’est la garantie d’années entières de travail le jour où Wall-E sera réellement en charge du compactage de nos poubelles. Le manque de civisme a repris ses droits.

 

Bien sûr, tout cela n’a rien de nouveau. Il n’a pas fallu attendre le Covid pour voir plus de canettes vides que de feuilles mortes au petit matin sur les bords de Loire à Tours. Quant aux décharges sauvages, on a aujourd’hui plus de chances d’en dénicher que de probabilités de croiser un cerf lors d’une balade en forêt. Les photos tournent partout mais ont-elles le pouvoir de faire reconnaître leurs erreurs aux responsables de ces abandons de masse ? Que peut vraiment faire une mairie contre ça ? Mais surtout, à quel moment on a déconné dans le processus d’éducation ?