Tours

[En vitrine] La Place du Grand Marché en partie piétonne pour agrandir les terrasses

Et respecter les distances sanitaires.

C’est le grand moment pour les bars et restaurants : réouverture autorisée à partir de ce mardi 2 juin partout en Indre-et-Loire… mais les établissements vont devoir adapter leur mode de travail pour espacer la clientèle. Le port du masque sera également obligatoire pour le personnel ou pour les déplacements (en allant aux toilettes, par exemple).

Le problème c’est que si on espace les tables, on ne peut pas pousser les murs. Les professionnels risquent d’avoir moins de places disponibles qu’avant, d’autant qu’il sera interdit de consommer debout dans les bars. La solution, favorisée par la météo estivale du moment : agrandir des terrasses. A Tours (comme à Amboise), la mairie y est favorable :

« On regarde tout avec bienveillance pour trouver des solutions et on y travaille depuis un petit moment. Ceux qui ont déjà une terrasse on va étudier un agrandissement dans la mesure du possible pour qu’ils aient au moins autant de couverts qu’avant. »

Mauro Cuzzoni, conseiller municipal en charge du commerce à Tours.

Concrètement, la ville est prête à réduire la place de la voiture pour y installer des tables et des chaises. Ça va se faire en particulier Place du Grand Marché où on ne pourra plus faire le tour du Monstre en voiture. La petite rue côté Frenchys Burger, Le 16 ou Un Air de Famille sera interdite et on pourra s’y installer. Le seul obstacle qu’il restait à passer au moment de notre interview : un accord des pompiers pour assurer une sécurité totale en cas de problème.

La Place du Monstre ne sera pas la seule concernée par ce type d’aménagements : « On travaille aussi sur la Place de la Résistance »explique l’élu qui se dit ouvert aux demandes qui pourraient encore arriver (un formulaire est en ligne sur le site de la ville). Il n’exclut pas de condamner des places de parking situées juste devant un bar ou restaurant en trouvant un système pour la protéger « avec des plots ou des jardinières. »

Ailleurs, ça pourrait être plus compliqué « parce qu’il faut conserver de la place pour le cheminement des piétons et des personnes à mobilité réduite. » Par exemple, Place Jean Jaurès, ça va être compliqué d’agrandit des terrasses déjà très étendues. Idem Place Plumereau. Et Rue Colbert ? Là, les terrasses sont minuscules… mais les riverains bloquent :

« Ils ne sont pas chauds pour une piétonnisation de la rue. On essaye de trouver des solutions en mettant en avant le fait que c’est transitoire. »

Pour soutenir les bars-restaurants de la ville, Tours a proposé une exonération du droit de terrasse payé à la municipalité pour le 1er trimestre mais aussi pour le 2e. 10 000 bons de 50€ vont également être distribués via des associations ou aux personnes en première ligne pendant la crise du coronavirus. C’est le fameux Plan Etincelle doté d’1,5 million d’€ qui fait débat sur son côté électoraliste à 4 semaines du second tour des élections municipales. On constate au passage que peu de commerces se sont référencés pour accepter ces fameux bons : 200 sur 2 000 dans la ville, à peine 10% La mairie tente donc de relancer la communication pour accroître ce chiffre et éviter le bide : « C’est un dispositif facile, il suffit de nous envoyer un RIB avec les bons et l’argent est crédité dans la journée » promet Mauro Cuzzoni.

Le Plan Etincelle n’est pas le seul sujet de débat du moment. Le retour du stationnement payant entraîne son lot de commentaires opposés à une telle mesure, assurant que ce n’est pas ce qu’il faut pour relancer le commerce. Une pétition a été lancée pour réclamer une période de gratuité, proposition par ailleurs présente dans plusieurs programmes de candidats aux municipales (dont celui du maire sortant). En 2 semaines, 400 personnes ont signé.

Olivier Collet / Photos d'illustration : Pascal Montagne, Alexis Mercier

La braderie, « le gros souci du moment »

La Braderie de Tours est une des plus grandes de France mais est-ce qu’elle pourra avoir lieu ? Plus le temps passe, moins c’est sûr. « C’est notre gros souci du moment. L’arbitrage est sur le bureau du maire » explique Mauro Cuzzoni « perplexe » d’autant que l’événement « nécessite trois mois de travail pour l’organiser. »