Tours

[En vitrine] Une fleuriste éphémère inratable Rue Berthelot à Tours

Elle ne travaille qu’avec des fleurs françaises.

[En vitrine] c’est la rubrique d’Info Tours consacrée à l’actualité commerciale en Indre-et-Loire.

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Un restaurant transformé en boutique de fleurs. On a ça à Tours, à deux pas de la Rue Nationale. Marine Vanpoulle s’est installée pour trois mois au N°22 de la Rue Berthelot, dans ce local prêté par la patronne de La Petite Cuisine. Le bar et l’enseigne sont toujours là. Pour le reste, la jeune femme de 27 ans a tout transformé : campanules, hortensias et pivoines déploient pétales et bonnes odeurs dans ce magasin où l’on trouve également des lisianthus (« C’est ma fleur préférée ! ») et des feuilles d’eucalyptus (« J’en mets partout, j’adore ! »).

Marine est une fleuriste énergique et passionnée. Elle vient tout juste d’ouvrir alors que le commerce de centre-ville ne faisait pas partie de ses plans. Enfin, pas tout de suite. Le Covid est passé par là et la professionnelle a dû revoir ses projets.

A la base, Marine Vanpoulle travaille dans l’organisation de mariages, sous la marque Will you Marine me (jeu de mots !). Tourangelle d’origine, elle a obtenu un BTS communication et marketing à Bordeaux et une licence management touristique et entreprenariat à La Rochelle. En début de carrière, elle s’est envolée direction l’Australie « pour apprendre l’anglais, parce que j’étais une bille. » Près de Melbourne, elle intègre une propriété spécialisée dans les cérémonies d’union de couples avec des missions multiples : responsable des cérémonies laïques, wedding planeuse, décoratrice… « Je faisais parfois deux mariages par jour. J’en dû en voir 1 000 dans toute ma vie. » De quoi compiler des anecdotes : « Une fois j’ai dû organiser l’atterrissage de 7 hélicoptères ! »

Des fleurs locales et bio

Avec le temps, les responsabilités australiennes s’accumulent et Marine se voit proposer l’ouverture d’une boutique de fleurs après une première formation de 5h. L’apprentissage se fait petit à petit : « Au début je mettais 1h30 pour faire un bouquet, maintenant il me faut moins de 3 minutes. » De retour en France en manque de paysages ligériens et de poulet-frites, la jeune femme entreprend de compléter sa formation via un CAP à Fondettes :

« Le 1er jour on m’a apporté de la mousse florale. Je n’avais jamais travaillé avec ça, un dérivé du plastique qu’on ne peut pas recycler. Je ne connaissais que la fleur locale, les bouquets de verdure glanés... Les fleurs qui viennent de Hollande ou les roses d’Ethiopie ce n’est pas ce que j’aime surtout qu’ici on a un patrimoine magnifique. D’ailleurs c’est incroyable : on vit dans le jardin de la France je n’ai pas trouvé de spécialiste de la fleur coupée en Touraine. »

Plus de photos sur le compte Instagram Will you Marine me

Pour se fournir, Marine va donc du côté de Saumur, Blois ou Le Mans. Des fleurs bio, qu’elle achète en quantité raisonnable selon ses commandes. Les arrivages sont assurés deux fois par semaine, les lundis et jeudis :

« On ne coupe que ce dont on a besoin. Je fais selon mon inspiration et les dispos des producteurs. Ma spécialité ce sont les bouquets de verdure. Et j’ajoute toujours une petite touche romantique. »

L’Atelier de Marine c’est donc pour remplacer son activité mariages, brutalement interrompue par le coronavirus et le confinement, au point de plonger tout un secteur dans la crise (les traiteurs, les photographes, les créations de robes…). Spécialiste de la décoration événementielle, la Tourangelle devait superviser une quarantaine d’unions cette année, après des débuts encourageants en 2018 et 2019. Des Parisiens, parfois des étrangers, quelques Tourangeaux... « Tout est annulé jusqu’en août et reporté en 2021 » constate-t-elle. Même les cérémonies de fin d’année sont incertaines, selon les conditions sanitaires en vigueur à ce moment-là. Il faudra également du temps pour s’adapter : « On ne peut pas redémarrer en 15 jours, c’est impossible. »

C’est parce qu’elle s’est retrouvée face à un mur que Marine Vanpoulle a développé ce plan B. D’abord en créant une boutique en ligne puis en quittant son atelier fondettois pour le centre-ville de Tours. Membre du Collectif Fleurs Françaises, elle propose trois tailles de bouquets (S, M et L) et a conçu une création aux tons rose et blanc pour la Fête des Mères du 7 juin. Les précommandes sont encouragées, les livraisons possibles, tout comme les achats coup de cœur de dernière minute à la boutique : « Il y a beaucoup de gens du quartier qui apprécient de trouver une fleuriste » se félicite la commerçante éphémère qui pourrait transformer l’essai en s’installant définitivement dans le secteur, si elle trouve un local bien exposé pour assurer le bien-être des plantes « qu’il faut entretenir avec amour. » Il parait que le record vient d’une cliente qui a gardé son bouquet en forme pendant trois semaines.

Olivier Collet