Tours

Déconfinement : en moyenne 7 enfants par classe dans les écoles de Tours, 1 300 au total

Retour en classe prévu jeudi.

Certaines écoles d’Indre-et-Loire ont partiellement repris les cours ce mardi 12 mai, notamment à Joué-lès-Tours. La ville de Tours préfère attendre jeudi 14 et convie uniquement les élèves de grande section de maternelle, de CP et de CM2. Seuls les enfants inscrits à l’avance pourront être accueillis. La mairie s’attend donc à en voir 1 300, soit environ 1 sur 3 dans les classes concernées et à peu près 15% du nombre total d’élèves inscrits dans les 58 établissements publics de la commune. 1 000 enfants resteront manger à la cantine et 400 sont inscrits pour la garderie du soir (celle du matin est supprimée). Quant aux enfants de personnels soignants, des forces de l’ordre ou des travailleurs sociaux ils peuvent être reçus dans les mêmes conditions que pendant le confinement. Seule différence : les enfants peuvent rejoindre leur école d’origine au lieu d’être regroupés dans 4 établissements à travers la ville.

La distanciation sociale sur les porte-manteaux.

Cette rentrée à petits pas permet de tester les nouveaux protocoles sanitaires. Aucune classe ne pourra dépasser 15 élèves, et à priori toutes les familles qui souhaitaient renvoyer leurs enfants en cours ont obtenu satisfaction. Les autres poursuivront l’enseignement à distance au moins jusqu’au 25 mai, et peut-être plus longtemps. Dans certains cas, les enseignants accueilleront les enfants par roulement avec des groupes à l’école les lundis et mardis, et d’autres groupes les jeudis et vendredis. Au total 200 classes ont été composées pour cette rentrée de déconfinement à Tours, avec une moyenne de 7 élèves par salle.

Des tables individuelles très espacées.

La ville organisait ce mardi une visite à l’école Arthur Rimbaud des Fontaines au sud du Cher. 9 élèves de CP sur 50 y sont annoncés, et 6 élèves de CM2. Les plus petits rentreront par le portail habituel de l’établissement et les grands par le deuxième portail (celui de la cour). Objectif : que les enfants ne se croisent pas. D’ailleurs la récréation se fera aussi en groupes séparés avec une moitié de la cour pour les CP et l’autre pour les CM2. Pas question de faire une balle aux prisonniers mais plutôt des jeux sans contact comme Jacques a Dit. A l’école maternelle, la structure de jeux et son toboggan sont inaccessibles. 11 élèves de grande section se partageront la classe en demi-groupes car celle-ci ne peut pas accueillir plus de 7 enfants si on respecte les distances de sécurité. La vétusté de certaines écoles de Tours se voit ici exposée au grand jour.

Des barrières pour séparer la cour.

Et une aire de jeu condamnée.

Pour que les élèves gardent au moins 1m de distance les uns avec les autres, il n’y a plus que des tables individuelles et nominatives. Le matériel scolaire ne doit pas être échangé. Pendant la pause du midi, une équipe désinfectera les classes. Au total Tours mobilise 300 agents pour nettoyer régulièrement ses établissements scolaires avec des produits virucides capables de neutraliser le coronavirus.

Aux toilettes, un sanitaire sur deux est condamné, même chose pour les robinets. Il a fallu équiper toutes les écoles d’essuie-mains jetables. Là-encore, chaque classe a ses WC avec 2 enfants maximum dans la pièce au même moment. Des bonbonnes de gel hydroalcoolique sont disposées à l’entrée des bâtiments, les enseignants et les ATSEM seront munis de masques. Les profs se relaieront également en classe ce qui fait que les enfants ne seront pas forcément en face du maître ou de la maîtresse avec qui ils ont commencé l’année.

Pour le premier jour, pas question de plonger d’un coup dans le programme. Les enseignants devraient privilégier une séance sur l’apprentissage des gestes barrières puis un échange sur le virus pour voir comment les enfants ont traversé les dernières semaines. Concernant le repas du midi préparé par la cuisine centrale, il sera froid dans un premier temps avec des consignes spécifiques au réfectoire : pas d’élèves côte à côte, et ce sont les adultes qui rempliront les verres d’eau si besoin.

Une salle réorganisée pour le déjeuner.

Tout ça, ce sont des plans théoriques. La mairie de Tours se laisse deux semaines pour observer comment ça se passe avant d’imaginer élargir le nombre de classes. Plusieurs difficultés doivent encore être surmontées comme un manque criant de lingettes désinfectantes ou des masques qui ne sont pas forcément satisfaisants pour le personnel. Des agents de l’éducation nationale autant inquiets des conditions de la reprise que du décrochage de certains enfants, en maternelle comme en élémentaire.