Tours

Sièges condamnés, masque obligatoire : comment Fil Bleu s’organise pour le déconfinement

Le trafic restera réduit jusqu’au 10 juillet.

Un tram toutes les 8 minutes, au moins un bus tous les quarts d’heure sur les principales lignes du réseau : depuis ce lundi matin Fil Bleu a augmenté la cadence des transports en commun à Tours et dans les 21 communes de la Métropole. « Nous assurons environ 70% de l’offre normale contre 28% pendant le confinement » explique le responsable communication de l’entreprise, Arthur Cotteverte. Les nouveaux horaires sont en ligne sur www.filbleu.fr et sur l’application mobile en attendant l’arrivée des affiches aux arrêts d’ici le 21 mai, au plus tard. Et ils sont valables jusqu’au 10 juillet, ce qui signifie que la société ne prévoit pas de retour à la normale avant l’été.

« L’offre n’est pas figée dans le marbre. On s’est laissé la souplesse d’augmenter la fréquence sur les lignes qui le nécessiteraient mais on ne pouvait pas envisager de faire un plan de transport pour fin mai et un autre pour le mois de juin. Etablir les grilles horaires c’est un travail qui nous demande 3-4 mois en temps normal. »

Sur 500 conductrices et conducteurs, 250 vont travailler chaque jour jusqu’au 10 juillet. On en comptait à peine une centaine depuis le 17 mars. D’ici le mois de juin, le tram devrait de nouveau circuler toutes les 6 à 7 minutes aux heures de pointe mais son amplitude horaire va rester réduite : 5h45-22h30. « Ça ne sert à rien de desservir le Vieux-Tours tard le soir si les lieux de vie nocturne restent fermés » justifie Keolis.

Les bus ne prendront pas de voyageurs si la distanciation physique est impossible

Avant la crise du coronavirus, Fil Bleu enregistrait en moyenne 160 000 voyages par jour, une fréquentation en hausse constante depuis l’inauguration du tram en septembre 2013. Pendant le confinement, la fréquentation s’est écroulée : 4 à 6 000 validations de titres de transport (auxquelles il faut sans doute ajouter un certain nombre de personnes voyageant sans carte, les contrôles ayant été suspendus jusqu’à la semaine dernière). Et maintenant, quelle affluence ? « Ce lundi matin on avait en moyenne 40 personnes par rame de tramway » observe Arthur Cotteverte, de quoi respecter la distanciation sociale que Fil Bleu compte appliquer de façon stricte. Par exemple, les chauffeurs de bus refuseront d’accueillir de nouveaux passagers dès qu’il ne sera plus possible de garder 1m entre chaque personne.

En fait l’entreprise refuse d’assister aux scènes captées par les caméras déployées dans les transports parisiens : métros bondés et bus surchargés. Elle parie donc sur « le civisme » des Tourangeaux : « On ne s’attend vraiment pas à une forte reprise de la fréquentation. Si une personne a pu télétravailler pendant 8 semaines il n’y a aucune raison qu’elle retourne dans son entreprise dès aujourd’hui » estime le responsable communication. Pour guider les clients, des stickers ont été installés pour condamner un siège sur deux. S’y ajoute un marquage au sol pour délimiter les espaces entre deux personnes à bord. Un dispositif similaire est prévu pour les stations de tram, mais pas de distributeurs de gel hydroalcoolique comme on peut le voir par exemple à Orléans (sauf dans l’agence Rue Michelet qui a rouvert ses portes).

Bientôt des amendes pour les passagers sans masque

Conformément aux règles établies par le gouvernement, le masque est obligatoire pour le personnel de Fil Bleu comme pour les passagers. Des contrôles sont prévus… avec une certaine tolérance les premiers jours et sans doute des contraventions à 135€ dès la semaine du 18 mai. Les conducteurs de bus seront bientôt protégés par des parois en polycarbonate et devront désinfecter la cabine de conduite à chaque prise de poste. En attendant la mise en place de ces mesures, la montée par l’avant reste interdite (elle devrait être rétablie d’ici le 18 mai).

Fil Bleu compte 80 000 abonnés + les voyageurs occasionnels. A terme, faut-il craindre une désaffection des transports en commun tourangeaux ? Malgré les gestes commerciaux (pas de prélèvement en avril et une facture allégée de 50% en mai) certains clients ont suspendu leur abonnement. Trop tôt pour savoir s’il s’agira d’un effet de masse. Keolis s’attend tout de même à ce que « la voiture et le vélo prennent des parts de marché » dans les mois à venir.

Olivier Collet

Comment acheter son ticket ?

Pour l’instant la vente à bord des bus reste interdite. Il faut donc utiliser les bornes automatiques des stations de tram et de la ligne Tempo 2 ou aller à l’agence Rue Michelet. Fil Bleu dispose également d’une trentaine de commerçants partenaires qui vendent des titres de transport. Un réseau en cours d’extension, notamment dans les petites communes de la Métropole. L’entreprise étudie également la possibilité d’acheter un billet via son téléphone portable.